Voici le canton le plus menacé par les droits de douane américains

La surtaxe américaine met Neuchâtel sous une pression inédite, en faisant de ce canton le symbole d’un défi économique majeur pour toute la Suisse romande.

Publié le
Lecture : 2 min
Président Donald Trump
En Suisse, des Américains manifestent contre Trump et sa vision du patriotisme - © Sutterstock

L’annonce de Donald Trump d’instaurer un droit de douane de 39 % sur les exportations suisses vers les États-Unis a provoqué une onde de choc économique en Suisse romande. Parmi tous les cantons, Neuchâtel se distingue comme le plus exposé à cette mesure, en raison de sa forte dépendance au marché américain. 

Horlogerie, microtechnique et industries de pointe voient leurs perspectives directement menacées par ce tarif inédit. Face à l’ampleur de l’impact, le Conseil fédéral se mobilise pour tenter de limiter les dégâts économiques et préserver des milliers d’emplois.

Neuchâtel en première ligne face à Trump

Avec 37 % de ses exportations destinées aux États-Unis, soit 5,4 milliards de francs en 2024, Neuchâtel surpasse tous les autres cantons romands en termes de vulnérabilité, annonce Watson. Le pays de l’Oncle Sam constitue de loin son premier marché à l’exportation, bien avant les pays européens voisins. « Une grande inquiétude agite l’industrie locale », confirme Florence Nater, conseillère d’État et cheffe du Département de l’économie et de la cohésion sociale. Les secteurs horloger et microtechnique, véritables piliers de l’économie cantonale, redoutent des pertes massives de compétitivité.

À titre de comparaison, Vaud exporte 24,36 % de ses marchandises vers les États-Unis (3,8 milliards de francs), tandis que Genève, dopée par l’horlogerie, la bijouterie et la chimie, affiche 15,42 % avec 3,549 milliards de francs. Le Valais, spécialisé dans la chimie et la pharmacie, envoie 20,3 % de ses produits outre-Atlantique. Fribourg atteint 14,3 %, principalement grâce à l’agroalimentaire, et le Jura, fortement tourné vers la sous-traitance horlogère, dépend des États-Unis pour 18,11 % de ses exportations.

Mais aucun de ces cantons ne rivalise avec la concentration neuchâteloise sur le marché américain. Selon plusieurs experts, la surtaxe de 39 % risque de créer un « effet domino » sur tout le tissu industriel local, menaçant non seulement les exportateurs directs mais aussi les sous-traitants et fournisseurs.

Une riposte fédérale sous pression

Conscient du risque économique majeur, le Conseil fédéral prépare une mission diplomatique urgente à Washington. L’objectif : tenter d’obtenir une réduction de ces droits de douane jugés disproportionnés, d’autant que les États-Unis appliquent seulement 15 % à l’Union européenne, 10 % au Royaume-Uni et 15 % au Japon. Pour Neuchâtel, la différence de traitement pourrait s’avérer fatale pour de nombreuses entreprises exportatrices.

Les acteurs économiques multiplient les alertes. « Chaque point de taxe supplémentaire fragilise la compétitivité », dénonce Vincent Riesen, directeur de la Chambre valaisanne de commerce, qui voit également dans cette décision une menace pour l’équilibre économique suisse dans son ensemble. Dans le Jura, la Promotion économique évoque une situation « très questionnante », tandis qu’à Vaud, la conseillère d’État Isabelle Moret parle d’un « choc intolérable ».

À Neuchâtel, cependant, le ton est encore plus grave. L’industrie, déjà confrontée à un franc suisse fort, craint de voir ses marges laminées et ses compétences délocalisées. En attendant les négociations diplomatiques, les entreprises se préparent à absorber un coût supplémentaire qui pourrait bouleverser leur modèle économique.

Laisser un commentaire

Share to...