C’est dans ce canton que l’on bénéficie le plus d’aides sociales en Suisse

L’aide sociale en Suisse reste faible globalement, mais présente des disparités notables, particulièrement en Suisse romande, où ce canton se distingue par un taux élevé.

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Aide sociale
C'est dans ce canton que l'on bénéficie le plus d'aides sociales en Suisse : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

En 2024, l’aide sociale en Suisse a enregistré une légère augmentation, atteignant 2,9% de la population, contre 2,8% l’année précédente. Ce phénomène, bien qu’en progression, reste relativement faible par rapport à d’autres pays européens.

Toutefois, l’Office fédéral de la statistique (OFS) met en évidence des disparités importantes entre les cantons, avec certains cantons romands enregistrant des taux bien plus élevés que la moyenne nationale. Ces données soulignent la nécessité de comprendre les facteurs régionaux qui influencent l’ampleur de l’aide sociale, en particulier dans un contexte où la dépendance à l’aide sociale reste plus marquée dans les zones urbaines.

Disparités régionales : Genève en tête, mais des écarts dans toute la Suisse

Les disparités régionales dans le taux d’aide sociale en Suisse sont notables. La Suisse romande, en particulier, affiche des taux plus élevés que la moyenne nationale. Genève arrive en tête avec 6,7%, suivi de Neuchâtel (5,7%) et Vaud (4,2%), selon les dernières données publiées par l’OFS. Ces chiffres sont significativement au-dessus de la moyenne suisse de 2,9%, ce qui témoigne de la situation particulière de ces cantons. Le Jura, quant à lui, se rapproche de la moyenne nationale avec un taux de 3,9%, tandis que Fribourg (2,0%) et le Valais (1,9%) présentent des taux plus bas, contribuant à l’hétérogénéité des données de la région.

Les raisons de ces différences régionales sont multiples. Dans les cantons de Genève, Neuchâtel et Vaud, les défis liés à l’urbanisation et aux inégalités sociales semblent jouer un rôle important. Les zones urbaines, caractérisées par une forte concentration de population, un marché du travail parfois plus précaire et une plus grande diversité démographique, enregistrent des taux plus élevés d’aide sociale. Par exemple, dans les communes de 20 000 à 50 000 habitants, le taux d’aide sociale est de 4%, tandis que dans les communes de plus de 50 000 habitants, ce taux monte à 4,8% en moyenne. Cela illustre le phénomène de concentration de la précarité dans les grands centres urbains, où le coût de la vie et le manque d’opportunités économiques aggravent la situation des populations vulnérables.

Les groupes vulnérables et les zones urbaines : une dépendance marquée

L’aide sociale en Suisse reste principalement concentrée sur certains groupes sociaux. En 2024, les enfants et les jeunes, les personnes de nationalité étrangère et les personnes divorcées sont les plus nombreux à recourir à l’aide sociale. Ces groupes font face à des obstacles économiques et sociaux qui les rendent plus susceptibles de dépendre de l’aide financière de l’État. Une autre caractéristique importante est la surreprésentation des personnes n’ayant pas terminé de formation professionnelle, un groupe qui représente 49% des bénéficiaires. Cela démontre que l’accès à la formation et à l’emploi reste un défi majeur pour une partie importante de la population suisse.

Les zones urbaines, comme mentionné précédemment, sont également des points focaux de la dépendance à l’aide sociale. Cela est en partie dû à la pression du logement, la précarité du marché du travail et un coût de la vie élevé dans les grandes villes. En 2024, la situation des personnes relevant de l’asile est également préoccupante, avec 38 400 personnes (soit 88,3% de ce groupe) ayant reçu une prestation d’aide sociale, sans compter celles bénéficiant du statut S. Cette statistique souligne l’impact de la situation migratoire sur la dépendance à l’aide sociale en Suisse, avec des populations vulnérables qui se trouvent souvent exclues du marché du travail.

Les politiques publiques en Suisse, bien que centrées sur la réduction des inégalités, doivent donc tenir compte de ces facteurs régionaux et sociaux pour adapter les réponses à la précarité. L’augmentation des taux d’aide sociale dans certains cantons et zones urbaines pourrait indiquer la nécessité de réformes structurelles pour réduire les disparités économiques et favoriser l’inclusion sociale, notamment à travers des politiques d’intégration sur le marché du travail et un meilleur accès à la formation.

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