Les épisodes de canicule s’intensifient en Suisse et devraient encore s’aggraver

Les jours de canicule explosent en Suisse. Genève, Zurich ou Lugano font face à une hausse continue qui pourrait doubler d’ici 2060, selon MétéoSuisse.

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Thermomètre à mercure et épisodes de canicule
Les épisodes de canicule s’intensifient en Suisse et devraient encore s’aggraver dans les décennies à venir - © Shutterstock

Depuis plusieurs jours, de nombreuses régions suisses sont en alerte canicule, avec des températures dépassant les 30 degrés. Ces épisodes de chaleur posent des risques accrus pour la santé, en particulier pour les personnes vulnérables. Les relevés de température montrent une hausse constante du nombre de journées caniculaires, comme en témoignent les courbes relevées dans plusieurs grandes villes.

Les experts de MétéoSuisse relèvent que les vagues de chaleur gagnent en intensité et en durée à travers tout le pays. À mesure que le climat se réchauffe, la saison estivale s’étend désormais de mai à septembre, comme le souligne Andreas Fischer, climatologue de MétéoSuiss, rapporte 24 heures.

Genève et Zurich en première ligne

Genève affiche l’évolution la plus marquante parmi les villes suisses analysées. Depuis 1864, les relevés à Genève-Cointrin montrent une nette progression des jours de canicule, culminant à 14 jours en 2025 selon les données relevées jusqu’au 2 juillet.

Trois des quatre étés les plus chauds ont été enregistrés au cours de la dernière décennie. D’après les scénarios du Centre national suisse de compétences en recherche sur le climat (NCCS), Genève pourrait atteindre une moyenne de 40 jours de canicule d’ici à 2060.

Zurich présente une dynamique similaire, bien que plus nuancée. La station de Fluntern, située à 570 mètres d’altitude, enregistre actuellement environ huit jours de canicule par an. Mais dans le centre-ville, comme à la Stampfenbachstrasse, ce chiffre grimpe à près de 20 en 2024.

Cette différence est liée à l’effet d’îlot de chaleur urbain, qui aggrave les températures dans les zones les plus densément bâties. MétéoSuisse rappelle que ses stations de mesures historiques sont situées en périphérie des villes, ce qui sous-estime l’intensité de la chaleur en milieu urbain.

Les autres villes suivent la même courbe

Bâle, Lucerne, Berne et Lugano présentent toutes une hausse continue du nombre de jours caniculaires depuis les années 1980. À Bâle, les données disponibles depuis 1897 montrent que les jours de chaleur étaient déjà fréquents, en raison de l’altitude basse de la ville. Mais la récente accélération est sans précédent. MétéoSuisse prévoit que cette ville enregistrera en moyenne 28 jours de canicule par an à l’horizon 2060.

À Lucerne, la hausse des températures est particulièrement visible depuis les années 1980. Les années 1940 avaient connu un pic isolé, mais le phénomène s’est intensifié sur le long terme.

À Berne-Zollikofen, il n’y avait parfois aucun jour de canicule par an jusqu’à la fin du XXe siècle. Depuis 1997, chaque été en compte au moins un, et l’été 2003 reste à ce jour le plus chaud jamais mesuré dans la région.

À Lugano, les relevés de Monti montrent que le Tessin a lui aussi connu un basculement. Alors qu’il arrivait que les 30 degrés ne soient jamais atteints sur une année, il est désormais courant d’enregistrer plus de 15 jours de canicule par an. En 2003, la station tessinoise a même mesuré 56 jours de chaleur extrême.

Des disparités locales marquées

Le cas de Saint-Gall illustre bien les écarts de température entre les régions suisses. Située à 776 mètres d’altitude, la ville reste plus fraîche que la moyenne nationale, avec des températures inférieures de deux à trois degrés, voire cinq degrés par rapport à Genève ou Bâle. Pourtant, même ici, les jours de canicule deviennent plus fréquents.

L’analyse des données de température par MétéoSuisse montre qu’en cinquante ans, les vagues de chaleur de trois à sept jours ont gagné en moyenne 3,8 degrés dans tout le pays. Les scénarios climatiques actuels, relayés par le Centre national suisse de compétences en recherche sur le climat (NCCS), prévoient une multiplication des jours de canicule d’ici aux prochaines décennies, y compris dans les villes de moyenne altitude.

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