En raison de la canicule qui frappe la Suisse cet été, les cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne envisagent un changement dans le calendrier scolaire. Habituellement, la rentrée a lieu la première semaine d’août, mais cette année, les autorités réfléchissent à repousser cette reprise de quelques semaines.
Cette décision a pour but d’éviter que les élèves ne reprennent l’école en pleine chaleur extrême, ce qui pourrait rendre les conditions d’apprentissage difficiles, voire dangereuses. Selon Sandra Eichenberg, cheffe de la communication du Département de l’instruction publique de Bâle-Ville, des discussions seront engagées avec les autorités des autres cantons afin de déterminer si le début de l’année scolaire pourrait être retardé, et comment mieux répartir les congés dans l’année pour éviter les vagues de chaleur.
Repousser la rentrée : une solution face à la canicule
La rentrée scolaire en Suisse alémanique, et notamment à Bâle, se déroule habituellement dans la première moitié d’août. À Bâle-Ville et Bâle-Campagne, cette année, elle est prévue pour le 11 août. Cependant, face aux prévisions météorologiques annonçant des températures extrêmes, les gouvernements envisagent un report de quelques semaines, relate 20minutes. Cette mesure vise à protéger les élèves des conditions d’apprentissage éprouvantes liées à la chaleur.
En effet, les écoles de la région, comme de nombreuses institutions en Suisse, sont souvent mal équipées pour faire face à des vagues de chaleur aussi intenses. La plupart des bâtiments scolaires ne disposent pas de systèmes de climatisation, ce qui crée des environnements de travail et d’apprentissage inconfortables, voire dangereux. Les autorités estiment qu’un report de la rentrée permettrait de limiter les risques sanitaires liés à une exposition prolongée à des températures élevées.
Le Conseil d’État de Bâle-Ville a annoncé son intention de travailler de concert avec Bâle-Campagne pour explorer les possibilités d’adaptation du calendrier scolaire. Une des options envisagées est de redistribuer les périodes de vacances sur l’année afin de mieux correspondre aux fluctuations des températures et ainsi réduire les risques liés à la chaleur durant les mois les plus chauds.
Un scepticisme face à la solution : des mesures à long terme nécessaires
Toutefois, cette proposition de décaler la rentrée scolaire n’est pas unanimement soutenue. Philipp Loretz, président de l’Association des enseignants de Bâle-Campagne, se montre sceptique quant à l’efficacité de cette solution. Selon lui, déplacer la rentrée scolaire ne résout pas le véritable problème, à savoir l’inadaptation des infrastructures scolaires aux vagues de chaleur croissantes. Il considère que cette mesure ne constitue qu’un remède temporaire face à un défi structurel plus profond.
Loretz plaide pour une approche plus systématique, qui inclurait des solutions concrètes à l’intérieur même des écoles. « Il faut à la fois des mesures à court et à long terme pour lutter contre la chaleur », explique-t-il. Parmi ces mesures, il propose l’installation de systèmes de ventilation ou de climatisation dans les bâtiments scolaires. Il insiste également sur la nécessité de repenser l’architecture scolaire en Suisse pour rendre les établissements plus adaptés aux conditions climatiques extrêmes. « Si rien n’est fait, nous risquons de nous retrouver dans des situations où l’apprentissage efficace ne sera plus possible durant l’été », prévient-il.
La question de l’adaptation des écoles aux canicules est devenue une problématique de plus en plus pressante. Avec le changement climatique, les vagues de chaleur sont susceptibles de se multiplier, et il est de plus en plus évident que les infrastructures éducatives doivent évoluer pour répondre à ces nouveaux défis.








