Bénéfice en chute de 17% : Nestlé encaisse un revers à 9 milliards de francs

Bénéfice en chute de 17%, rappel mondial de laits infantiles et stratégie remaniée : Nestlé traverse une année 2025 sous haute tension.

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Bénéfice en chute de 17%, rappel mondial de laits infantiles et stratégie remaniée : Nestlé traverse une année 2025 sous haute tension. : Crédit : KEYSTONE | Econostrum.info - Suisse

Nestlé a publié des résultats 2025 marqués par un net recul de sa rentabilité dans un contexte déjà fragilisé par l’inflation et les tensions commerciales. Le géant veveysan de l’agroalimentaire affiche un bénéfice net en baisse de 17%, à 9 milliards de francs. 

Ces chiffres interviennent alors que le groupe traverse une polémique majeure liée à un vaste rappel de laits infantiles dans plus de 60 pays. Entre pression sur les marges, effets de change défavorables et défi de confiance, l’année écoulée marque un tournant stratégique pour le numéro un mondial de l’alimentation.

Rentabilité en recul et impact financier du rappel massif

Sur l’exercice 2025, le chiffre d’affaires de Nestlé s’est contracté de 2% sur un an, à 89,49 milliards de francs. La croissance organique atteint 3,5%, soutenue principalement par un effet prix de 2,8%, tandis que la croissance interne réelle (RIG), qui mesure l’évolution des volumes, s’établit à 0,8%. Les effets de change, la hausse des coûts des matières premières et les droits de douane américains ont pesé sur la performance globale.

Le résultat opérationnel courant récurrent (Ebit) recule de 8,4% à 14,39 milliards de francs. La marge correspondante s’établit à 16,1%, contre 17,2% l’année précédente. Le bénéfice net chute de 17% à 9 milliards de francs. Ces données sont globalement conformes aux attentes des analystes, qui tablaient sur un chiffre d’affaires inférieur à 90 milliards de francs, une croissance organique de 3,3% et une RIG de 0,7%.

La publication en ligne des résultats de Nestlé intervient dans un climat sensible. En décembre, la multinationale avait lancé un premier rappel de lots de laits infantiles dans 16 pays européens après la détection de petites quantités de céréulide, une toxine susceptible de provoquer vomissements et diarrhées, dans une usine aux Pays-Bas. En janvier, après avoir identifié l’origine de la contamination chez un fournisseur, le groupe a élargi le rappel à plus de 60 pays. D’autres acteurs du secteur, dont Danone et Lactalis, ont également été concernés par des rappels similaires.

Selon Ana Manz, directrice financière du groupe, l’impact sur les comptes du premier trimestre est estimé à 200 millions de francs suisses, relate Blick. Les perspectives 2026 pourraient être affectées par cet épisode. Pour 2025, Nestlé table sur une croissance organique comprise entre 3 et 4%, en intégrant un effet négatif d’environ 20 points de base lié aux rétrocessions de vente et aux ruptures de stock provoquées par le rappel. Tout impact supplémentaire demeure incertain et pourrait peser davantage sur la croissance.

Nouvelle direction, recentrage stratégique et négociations en cours

Ce contexte délicat coïncide avec l’arrivée d’un nouveau directeur général. Philipp Navratil, ancien patron de Nespresso, a pris les commandes début septembre après le départ de son prédécesseur. Il a affiché sa volonté de relancer les ventes en se concentrant sur quatre domaines prioritaires: le café, les produits pour animaux de compagnie, la nutrition et les marques régionales de premier plan dans les produits culinaires et snacks.

Lors d’une conférence téléphonique, le dirigeant a insisté sur la priorité donnée à la restauration de la confiance. «Il va falloir rebâtir la confiance», a-t-il reconnu devant les analystes, tout en estimant que celle-ci reviendra, les produits du groupe bénéficiant selon lui de la confiance des professionnels de santé et des autorités. Nestlé affirme que la production a repris dans toutes les usines concernées, avec de nouveaux fournisseurs et des tests approfondis avant, pendant et après la fabrication. Philipp Navratil a également assuré que les standards internes sont «plus stricts que les règles de référence européennes».

En parallèle, le groupe poursuit des discussions stratégiques sur son portefeuille d’activités. Nestlé est en négociations avancées pour céder le reste de ses activités dans les glaces à Froneri, son partenaire depuis près de dix ans dans ce segment. Concernant les eaux en bouteille, le groupe indique avoir entamé un processus d’engagement formel avec des partenaires potentiels. Cette activité devrait être déconsolidée à partir de 2027.

Le maintien des produits surgelés aux États-Unis fait partie des choix stratégiques confirmés par la direction. Dans un contexte où les consommateurs ont réduit leurs dépenses depuis la vague d’inflation, souvent au profit des marques de distributeurs, la capacité du groupe à repositionner son offre sera déterminante.

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