Les Suisses se disent généralement satisfaits de leur vie personnelle, avec un bien-être individuel jugé élevé. Cependant, un regard plus large sur l’avenir du pays et du monde les plonge dans une inquiétude croissante.
Le Baromètre de l’espoir 2026, une étude réalisée par l’Université de Saint-Gall, met en lumière cette contradiction entre un quotidien relativement stable et des craintes pour l’avenir. Alors que la qualité de vie en Suisse est perçue comme stable, l’anticipation de crises mondiales et de changements sociaux soulève de nombreuses interrogations.
Un bien-être personnel élevé, mais un malaise collectif évident
L’enquête révèle que les Suissesses et Suisses décrivent leur vie personnelle de manière positive. Environ 50 % des personnes interrogées se considèrent comme « plutôt très heureuses », et la majorité perçoit sa vie comme stable et maîtrisée. Cependant, ce sentiment de bien-être personnel ne s’étend pas à la société dans son ensemble. Lorsque les répondants sont interrogés sur des sujets comme les problèmes sociaux, la politique ou la paix dans le monde, les résultats sont plus mitigés. Ces domaines sont perçus de manière nettement plus critique, traduisant une préoccupation grandissante face à l’avenir de la société.
Selon les résultats relatés par 20Minutes, le regard des Suisses sur le climat et l’environnement est également moins pessimiste que celui porté sur les crises sociales ou politiques, ce qui pourrait s’expliquer par une perception d’urgence moins immédiate sur ces enjeux. Toutefois, il ressort également que le bien-être social, qui englobe la confiance envers les autres et le sentiment de contribuer positivement à la société, reste largement inférieur au bien-être personnel. Ce phénomène témoigne d’une fracture entre le confort personnel et le sentiment d’appartenance ou de responsabilité collective.
Une génération plus jeune particulièrement pessimiste
Le Baromètre de l’espoir 2026 met en évidence un clivage générationnel marqué. Les jeunes adultes, âgés de 18 à 29 ans, sont nettement plus pessimistes quant à leur avenir. Ils se disent plus souvent en insécurité, moins utiles socialement et plus méfiants face à l’avenir. Ce groupe affiche les scores les plus faibles en termes d’espoir, de confiance et de bien-être. En revanche, les personnes plus âgées, notamment celles de plus de 70 ans, se montrent généralement plus optimistes. Cela s’explique sans doute par leur expérience de vie plus stable, contrastant avec la précarité et les incertitudes auxquelles sont confrontés les plus jeunes, en particulier en ce qui concerne la situation économique et environnementale.
Malgré ce pessimisme, les jeunes Suisses semblent conserver un sentiment de résilience et un espoir au quotidien. Toutefois, cette résilience s’amenuise au fil des ans, une tendance inquiétante qui pourrait affecter la manière dont la société suisse aborde les défis futurs. Ce pessimisme générationnel pose des questions sur la gestion des crises actuelles et sur les perspectives d’avenir pour les plus jeunes, qui semblent plus vulnérables face à des évolutions rapides et incertaines du monde.
Un avenir incertain : crises mondiales et dégradation de la qualité de vie
L’étude du Baromètre de l’espoir 2026 révèle également que près de 64 % des Suisses estiment que la qualité de vie en Suisse sera inférieure dans 20 ans. Cette perception est partagée par la plupart des générations, bien que les plus âgés se montrent légèrement plus optimistes. L’avenir perçu à long terme est marqué par des scénarios dominés par des crises mondiales, telles que des conflits, la dégradation de l’environnement, des maladies et une instabilité politique croissante. À l’inverse, l’idée que le progrès technologique puisse résoudre ces problèmes et favoriser la durabilité et la prospérité est beaucoup moins souvent citée.
Cela témoigne d’un désenchantement face à l’évolution de la société, où les espoirs sont placés non pas dans des solutions technologiques ou innovantes, mais dans la gestion des crises. Le monde semble de plus en plus perçu comme un terrain de lutte pour gérer les conséquences négatives des crises, plutôt que comme une période porteuse de nouveaux progrès.
Durabilité, sacrifices et le climat : des attentes contrastées
Le Baromètre de l’espoir 2026 montre également que les Suisses aspirent à une société plus verte, plus sociale et plus coopérative. Toutefois, cette volonté de changement est souvent marquée par une réticence à adopter des comportements plus durables. Bien que de nombreux sondés soutiennent des idéaux de durabilité, leur volonté de modifier leur mode de vie reste limitée. La mobilité, l’alimentation et le logement sont des domaines où les sacrifices personnels sont moins fréquents.
Sur les questions concrètes liées au climat, la compétitivité économique reste une priorité pour une grande majorité des Suisses. Une position de pionnier en matière de protection climatique, si elle implique des désavantages économiques, est largement rejetée. Les Suisses préfèrent un engagement climatique coordonné avec d’autres pays et économiquement supportable. Bien que la majorité estime pouvoir contribuer individuellement à la lutte contre le changement climatique, ils se montrent réticents à transformer radicalement leur quotidien pour y parvenir.








