Baromètre du bonheur : L’argent semble bien faire le bonheur des Suisses en fin de compte

Selon un sondage, les Suisses riches et âgés sont les plus heureux, tandis que les jeunes et les moins qualifiés se déclarent moins satisfaits.

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Baromètre du bonheur : L’argent semble bien faire le bonheur des Suisses en fin de compte : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le bonheur des Suisses semble être fortement influencé par leur revenu et leur âge, selon un sondage récent mené par l’Institut LeeWas pour le compte de 20 Minutes/Tamedia. Environ huit Suisses sur dix affirment être heureux ou plutôt heureux, mais les résultats montrent des disparités marquées selon la richesse et l’âge des répondants. 

Ce sondage, réalisé en octobre 2025 auprès de plus de 27 000 adultes des trois régions linguistiques suisses, a révélé que les personnes les plus fortunées et les plus âgées se disent généralement plus satisfaites de leur vie. Alors que l’adage « l’argent ne fait pas le bonheur » perd de sa pertinence dans ce contexte, cette enquête soulève des questions sur les facteurs réels qui contribuent au bien-être en Suisse.

Le lien entre revenu, âge et bonheur en Suisse

L’enquête publiée par 20Minutes montre une corrélation nette entre le revenu des Suisses et leur niveau de bonheur. Parmi ceux qui gagnent plus de 10 000 francs par mois, un impressionnant 91 à 92 % se disent satisfaits de leur vie, ce qui est bien supérieur aux 66 % des personnes gagnant moins de 4000 francs. Cette tendance est également visible chez les personnes gagnant entre 4000 et 7000 francs, où 80 % des répondants déclarent être heureux. Ce contraste met en évidence l’impact direct du revenu sur le bien-être : les individus avec des revenus plus élevés ont moins de préoccupations financières, ce qui peut contribuer à une plus grande satisfaction de vie.

En termes d’âge, les résultats sont également significatifs. Les retraités, ceux de plus de 65 ans, se disent les plus heureux, avec un taux de satisfaction de 87 %. Ils sont suivis de près par les 50-64 ans (85 %), tandis que les 35-49 ans arrivent à 81 %. En revanche, les jeunes adultes (18-35 ans) se montrent plus réservés, avec seulement 76 % d’entre eux déclarant être satisfaits de leur vie. Ce phénomène pourrait s’expliquer par les difficultés économiques auxquelles les jeunes sont confrontés, telles que l’instabilité du marché du travail, le coût élevé de la vie, ou les dettes d’études, qui pèsent sur leur perception du bonheur.

Le rôle de la formation et des opinions politiques sur le bien-être

Outre le revenu et l’âge, le niveau de formation semble jouer un rôle crucial dans la perception du bonheur. Selon l’enquête, 90 % des personnes ayant suivi des études universitaires ou une formation spécialisée se disent heureuses, un chiffre bien plus élevé que les 69 % observés parmi ceux n’ayant suivi que l’école obligatoire. Cela reflète probablement une meilleure sécurité financière et professionnelle pour ceux qui ont un niveau de qualification plus élevé, leur offrant ainsi plus de possibilités de satisfaire leurs besoins et leurs désirs.

Le sondage révèle également des différences notables en fonction des préférences politiques des Suisses. Les sympathisants des partis de droite, notamment le PLR, le Centre et les Vert’libéraux, sont les plus heureux, avec des taux de satisfaction respectifs de 91 %, 90 % et 89 %. En revanche, les partisans de la gauche, comme ceux du PS et des Verts, se déclarent un peu moins heureux, avec des taux de satisfaction de 86 % et 85 %. Les électeurs de l’UDC sont les moins satisfaits, avec seulement 82 % d’entre eux déclarant être heureux. Cette différence peut être attribuée à des facteurs économiques, sociaux et culturels, car les partis de droite sont souvent perçus comme défendant des politiques favorables aux individus à revenus plus élevés, tandis que les partis de gauche défendent des politiques plus inclusives mais perçues par certains comme moins avantageuses pour les classes supérieures.

Il est également intéressant de noter que les Suisses sont globalement satisfaits de leur vie personnelle, mais restent plutôt pessimistes concernant l’avenir. Ils s’attendent à des périodes difficiles pour le pays et pour le monde, en raison de facteurs tels que l’incertitude économique, le changement climatique ou les tensions géopolitiques, selon un autre sondage réalisé en parallèle sur les perspectives pour 2026. Ce sentiment de bien-être présent dans la vie quotidienne contraste avec un manque de confiance en l’avenir, soulignant les préoccupations persistantes des citoyens suisses face aux défis mondiaux.

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