La plupart des clients des banques en ligne savent que le piratage est un risque réel. Selon une enquête menée par l’institut GFS Bern pour Alpian et Proton, 85% des participants admettent que les risques numériques sont «très» ou «plutôt» importants, en particulier sur les médias sociaux et les sites d’achat en ligne.
Cependant, en ce qui concerne les services bancaires en ligne, seulement 24% estiment que la sécurité représente un danger potentiel. Malgré ces avertissements, les utilisateurs continuent de se montrer imprudents en matière de sécurité, s’en remettant largement aux banques pour se protéger contre les escroqueries, indique Watson.
Les résultats du sondage montrent que 75% des répondants utilisent des canaux numériques tels que l’e-banking et les applications pour leurs interactions avec les banques, mais une majorité néglige des outils de sécurité basiques.
La sécurité des services bancaires en ligne est jugée «assez» ou «très importante» par 96% des sondés, mais moins de 40% prennent des mesures comme utiliser des mots de passe complexes ou des services de messagerie sécurisés.
La responsabilité des banques et la confiance des clients
Malgré les efforts des banques pour renforcer la sécurité numérique, un fossé persiste entre les attentes des clients et les mesures qu’ils adoptent réellement. L’enquête montre que la majorité des répondants considèrent que la responsabilité de la sécurité incombe avant tout aux banques. Un tiers des participants se disent préoccupés par la sécurité des données, mais cette inquiétude ne se traduit pas toujours par des actions concrètes.
Selon Patricia Egger, responsable de la sécurité chez Proton, cette situation peut s’expliquer par une confiance excessive des clients envers leurs prestataires de services financiers. Les banques, conscientes de cette confiance, multiplient les avertissements pour éviter les escroqueries, mais ces mesures se révèlent parfois insuffisantes si les utilisateurs ne respectent pas les normes de base de la sécurité numérique.
Un besoin urgent d’éducation numérique
Face à ce constat, des voix s’élèvent pour demander une meilleure éducation numérique. Patricia Egger et Lukas Golder, codirecteur de l’institut GFS Bern, soulignent que la clientèle constitue «le maillon le plus faible de la chaîne de sécurité».
Environ 45% des répondants avouent ne pas utiliser les outils de protection des données en raison d’un manque de conscience du problème. D’autres, comme 26% des personnes interrogées, évoquent la complexité des processus de sécurité comme une barrière.
Ces résultats révèlent un besoin criant d’une meilleure sensibilisation du public aux dangers numériques, ainsi qu’une simplification des démarches pour sécuriser les échanges en ligne.
Gianmarco Bonaita, directeur d’Alpian, a d’ailleurs annoncé que sa banque collaborera avec Proton pour lancer une campagne visant à inciter les clients à adopter des comportements plus sécurisés.








