Un tiers des automobilistes redoutent de conduire la nuit, ce comportement devient un véritable fléau sur les routes suisses

Un tiers des conducteurs suisses sont gênés par ce comportement sur les routes nocturnes, nécessitant des actions sur la réglementation et des comportements responsables.

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Conduire de nuit
Un tiers des automobilistes redoutent de conduire la nuit, ce comportement devient un véritable fléau sur les routes suisses : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

La conduite de nuit devient un défi pour de nombreux automobilistes suisses, un tiers d’entre eux se déclarant régulièrement éblouis par les phares des véhicules arrivant en sens inverse. Ce phénomène est en grande partie causé par des phares mal réglés et la technologie LED, qui, bien qu’efficace, peut devenir un problème de sécurité si mal utilisée. 

Selon une étude du Touring Club Suisse (TCS), ce problème devient un véritable handicap pour certains conducteurs, entraînant un impact direct sur leur confort et leur sécurité sur la route. Si des mesures technologiques et comportementales existent, la question d’une révision des normes réglementaires demeure cruciale.

Les causes de l’éblouissement nocturne : une combinaison de facteurs

L’éblouissement ressenti par un tiers des conducteurs suisses est le résultat de plusieurs facteurs cumulés. Les nouvelles technologies d’éclairage, notamment les phares LED et les systèmes xénon, sont souvent pointées du doigt. Si ces systèmes sont conçus pour offrir une lumière intense et claire, ils peuvent également devenir une source de gêne pour les autres conducteurs si mal réglés. Laurent Pignot, porte-parole du TCS, explique à la RTS que l’œil humain a du mal à s’adapter à la lumière blanche et plus intense des phares LED, ce qui provoque une gêne importante, notamment pour ceux qui conduisent la nuit.

Selon les résultats de l’enquête de la TCS, le mauvais réglage des phares est l’un des principaux coupables. Un réglage incorrect peut faire en sorte que la lumière émise par les phares soit trop élevée, éblouissant ainsi les conducteurs arrivant en sens inverse. En outre, la hauteur des véhicules modernes, en particulier les SUV, joue également un rôle majeur. Ces véhicules, étant plus grands, projettent leur lumière plus haut, rendant leur éclairage encore plus perturbant pour les conducteurs d’en face. Des éléments supplémentaires, tels que des phares ou des pare-brises sales, ainsi qu’une chaussée mouillée, aggravent encore cette situation, augmentant le risque d’éblouissement.

Un autre facteur non négligeable réside dans le contraste entre les différentes technologies de phares utilisées par les véhicules. Les phares halogènes, bien qu’inférieurs en intensité lumineuse, sont moins susceptibles de causer des éblouissements comparés aux phares LED et xénon, comme l’explique Florian Vuigner, un conducteur suisse interrogé dans le cadre de l’enquête. Cependant, même les phares halogènes mal réglés peuvent devenir une source de gêne, rendant la conduite de nuit un véritable calvaire pour de nombreux automobilistes.

Des solutions pour réduire l’éblouissement et améliorer la sécurité

Plusieurs solutions peuvent être envisagées pour réduire l’impact de l’éblouissement nocturne, tant du point de vue des conducteurs que des autorités publiques. Le Bureau de prévention des accidents (BPA) recommande un contrôle régulier du réglage des phares. Il est essentiel que les conducteurs s’assurent que leurs phares sont correctement orientés pour éviter d’éblouir les autres usagers de la route. Ce simple geste peut permettre de réduire considérablement le nombre d’incidents liés à l’éblouissement.

De plus, le BPA suggère des conseils pratiques pour les conducteurs qui subissent un éblouissement, comme éviter de fixer directement les phares des véhicules venant en sens inverse. Il est préférable de diriger son regard vers le bord droit de la chaussée, ce qui permet d’éviter la source de lumière directe et de conserver une meilleure visibilité. En outre, un pare-brise propre joue un rôle crucial dans la réduction des risques de réflexion lumineuse, qui peut aggraver l’éblouissement. Pour ceux qui rencontrent des difficultés de vision, des contrôles réguliers de la vue sont recommandés, ainsi que l’utilisation de verres de lunettes antireflets.

Du côté des technologies, la possibilité d’utiliser des phares adaptatifs et dynamiques, comme les systèmes LED les plus avancés, peut être une solution pour réduire l’impact de l’éblouissement. Ces phares peuvent être ajustés automatiquement pour éviter d’éblouir les véhicules venant en sens inverse, en diminuant l’intensité lumineuse de manière précise et ciblée. Cependant, ces technologies doivent être correctement réglées pour être efficaces.

Une réglementation obsolète et des recommandations pour l’avenir

La réglementation actuelle en matière de phares de voiture semble être un autre obstacle à la résolution de ce problème. Les normes européennes, qui régissent le réglage des phares, datent des années 1950 et ne prennent pas en compte l’évolution rapide des technologies d’éclairage, telles que les phares LED modernes. Le TCS plaide pour une révision de ces normes, afin de durcir les plages de réglage autorisées et d’assurer que les phares modernes n’entraînent pas d’éblouissement excessif. Les véhicules dotés de phares LED doivent être équipés de systèmes capables de gérer l’intensité lumineuse de manière plus précise, afin de limiter les effets sur les autres conducteurs.

En Suisse, l’Office fédéral des routes (OFROU) est conscient de la problématique et suit de près les études internationales sur l’éblouissement causé par les phares mal réglés. Des recommandations sont attendues, mais l’adaptation de la réglementation pourrait prendre du temps. En attendant, la question de la sécurité routière reste une priorité, surtout dans un contexte où 33% des conducteurs britanniques ont déjà réduit ou arrêté de conduire la nuit en raison de ce phénomène, comme l’a révélé une étude récente.

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