Les premières modélisations du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) et du Climate Forecast System (CFS) prévoient un été bien plus chaud et sec que la moyenne pour les mois de juin, juillet et août. Cette tendance s’appuie sur une série de phénomènes observés dès le printemps, dont les effets pourraient se prolonger dans les mois à venir, rapporte Blick.
Les scientifiques s’accordent à dire que des signes météorologiques spécifiques permettent de détecter à l’avance les conditions d’un été caniculaire. Ces indices, appuyés par des études récentes, ont tous été relevés cette année, ce qui renforce les craintes d’une saison estivale éprouvante.
Une accumulation de chaleur dans l’Atlantique Nord
Une étude de l’Institut Max Planck met en évidence un phénomène d’accumulation de chaleur dans l’Atlantique Nord comme indicateur d’un été caniculaire en Europe. Selon cette recherche, cette chaleur se construit sur une période de trois ans avant de provoquer des épisodes extrêmes.
Ce signal a été identifié cette année, ce qui conforte les prévisions émises par le CEPMMT. L’étude conclut que cette accumulation constitue un signal fiable pour anticiper les étés de forte chaleur.
Anticyclone oméga, jet stream lent et sécheresse installée
Le météorologue Dominik Jung, cité par le Frankfurter Rundschau, rapporte l’apparition inhabituelle d’un anticyclone oméga dès le printemps 2025. Ce système bloque les échanges météorologiques et crée des conditions stables, chaudes et sèches.
Ce type de formation pourrait se maintenir en juin et juillet, avec des températures pouvant dépasser les 35 degrés pendant plusieurs semaines, voire atteindre localement les 40 degrés.
En parallèle, la sécheresse constatée en mars et avril renforce la probabilité de conditions extrêmes durant l’été. La dynamique du jet stream, lui aussi observé comme très lent depuis plusieurs mois, limite l’arrivée d’air plus frais en provenance du nord. Selon Dominik Jung, ce comportement favorise le maintien des vagues de chaleur sur de longues périodes, comme ce fut le cas ces dernières années.
Un printemps révélateur, des modèles statistiques solides
Des recherches menées par l’Institut Alfred Wegener et le Centre de recherche environnementale de Leipzig, rapportées par la Mitteldeutsche Rundfunk, ont établi un lien entre les conditions printanières et les canicules estivales.
L’analyse de 140 années d’archives météorologiques montre qu’en moyenne, le mois d’avril s’est réchauffé de trois degrés depuis 2007 par rapport à la période 1961-2000. En parallèle, les précipitations ont été divisées par deux. Cette évolution limite l’humidité des sols dès le printemps, rendant les terres vulnérables aux vagues de chaleur estivales.
Le phénomène El Niño, bien qu’en phase neutre selon l’Agence américaine de météorologie et d’océanographie (NOAA), reste mentionné comme un signal observé dans les années précédentes en lien avec des étés chauds. Les effets directs sur l’Europe et la Suisse font encore débat dans la communauté scientifique, mais sa présence n’est pas écartée dans les analyses globales.








