Le conflit entre les assurances privées et les médecins des cantons de Genève et Vaud s’intensifie, mettant de plus en plus de patients dans une situation difficile. Un bras de fer est en cours concernant les tarifs médicaux, avec des conséquences directes pour les assurés, qui se voient souvent confrontés à des refus de remboursement de leurs soins.
Cette tension a conduit à la création de 464 dossiers de patients en litige avec leur assurance, selon l’avocat Marc Balavoine. Les assurés doivent désormais faire face à des choix déchirants, risquant de devoir changer de médecin ou d’accepter des factures non prises en charge.
Le modèle Medicalculis : un frein à l’accès aux soins pour les patients ?
Au cœur du conflit se trouve l’introduction par sept grandes caisses maladie de nouveaux modèles tarifaires, en particulier le modèle « Medicalculis ». Ce modèle exige des médecins qu’ils adoptent de nouvelles pratiques tarifaires sous peine de ne pas être remboursés, ou de voir leurs factures couvertes partiellement par les assurances. Ces caisses comprennent la CSS, Helsana, Visana, Sanitas, Concordia, KPT et Swica. Selon ces assureurs, cette révision vise à maîtriser les coûts des soins de santé, en particulier dans un contexte où les dépenses liées à la santé ne cessent d’augmenter.
Cependant, ce modèle tarifaire est loin de faire l’unanimité. Les médecins, en particulier ceux de Genève et de Vaud, dénoncent une baisse importante des rémunérations. Le chirurgien gynécologue genevois Eric Mégevand fait partie des opposants à ce modèle, estimant que les baisses tarifaires associées à Medicalculis pourraient atteindre jusqu’à 40 % pour certaines prestations, relate Watson. Cette diminution des revenus pourrait sérieusement affecter leur indépendance professionnelle, rendant difficile la prise en charge de leurs patients dans des conditions optimales. Pour certains praticiens, ces nouveaux tarifs risquent de réduire la qualité des soins offerts.
En revanche, les assurances justifient leur position en mettant en avant la nécessité de garantir la transparence et de limiter les surcoûts. La CSS, par exemple, explique que ce modèle tarifaire a pour but de prévenir les excédents et de garantir que les prix restent en adéquation avec les prestations réellement fournies. De plus, la plupart des médecins ont déjà accepté ces nouvelles conditions, bien qu’une « minorité » continue de s’y opposer. La situation génère une grande frustration, surtout pour les assurés, qui doivent naviguer dans un système où leurs choix sont limités par des décisions tarifaires qu’ils ne contrôlent pas.
Les patients pris au piège : témoignages et frustrations
Les patients se retrouvent au centre de ce conflit, avec des conséquences directes sur leur accès aux soins. Cela crée des dilemmes déchirants pour de nombreuses personnes qui, déjà confrontées à des problèmes de santé, doivent désormais jongler avec des choix financiers difficiles. L’impact de cette situation est particulièrement lourd pour ceux qui n’ont pas les moyens de faire face à des coûts supplémentaires.
Face à ce constat, les autorités politiques commencent à réagir. Pierre Maudet, conseiller d’État à Genève, a exprimé son souhait que les assureurs fassent preuve de plus de communication et d’empathie. Il appelle à une table ronde pour résoudre ce conflit et trouver des solutions qui tiennent compte des intérêts des patients tout en permettant aux médecins de maintenir une rémunération juste. Les patients, eux, attendent de pouvoir retrouver une situation où ils ne seront pas contraints de choisir entre soins médicaux et sécurité financière.








