Argent liquide : Chaque retrait coûte des millions aux Suisses, et ça n’est pas près de changer 

L’argent liquide coûte des millions chaque année à la Suisse, entre gestion des banques, production des billets et des pièces, et stockage sécurisé.

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Argent liquide : Chaque retrait coûte des millions aux Suisses, et ça n’est pas près de changer : Crédit : canva | Econostrum.info - Suisse

L’argent liquide reste un pilier du système économique suisse, bien que son coût pour le pays soit souvent sous-estimé. Chaque année, les frais associés à la gestion et à la production des pièces et billets s’élèvent à plusieurs centaines de millions de francs. 

Ce fardeau reste inchangé, quelle que soit l’issue du vote populaire prévu le 8 mars 2026, sur l’inscription de l’argent liquide dans la Constitution. Alors que certains s’interrogent sur l’avenir de la monnaie physique, il est essentiel de comprendre les coûts associés à son utilisation et pourquoi, malgré ces dépenses, elle reste un moyen de paiement incontournable pour une grande partie de la population.

Les coûts invisibles de la gestion du cash

La gestion de l’argent liquide en Suisse représente un montant impressionnant compris entre 640 et 880 millions de francs par an. Ce chiffre englobe une variété de dépenses, allant de la gestion des succursales bancaires à l’entretien des distributeurs automatiques et des frais liés à l’assurance et au transport de l’argent. Une étude réalisée par la Banque nationale suisse (BNS) souligne que la part la plus élevée de ces coûts provient des succursales bancaires, qui à elles seules représentent entre 350 et 490 millions de francs. Une grande partie de ces frais est liée au personnel nécessaire pour assurer les transactions en espèces, ainsi qu’au maintien des infrastructures physiques des banques.

À titre de comparaison, l’exploitation des distributeurs automatiques de billets, bien que perçue comme plus moderne et pratique, engendre des coûts annuels compris entre 230 et 290 millions de francs. Ces coûts incluent les frais de maintenance, de gestion des machines et de transport des fonds. Cependant, si l’on considère le coût d’un retrait d’argent liquide, les écarts sont significatifs. Par exemple, lorsqu’une grand-mère retire de l’argent pour donner à son petit-fils, le retrait effectué via un distributeur automatique coûte environ deux francs. Mais si elle choisit de retirer de l’argent au guichet bancaire, le même retrait peut coûter entre 17 et 25 francs, indique Blick. Cette différence est due aux coûts plus élevés liés aux opérations en guichet, qui nécessitent un personnel plus important et des processus administratifs plus complexes.

Les coûts de production des pièces et billets

Outre les frais de gestion, la production des pièces et des billets de banque représente également un poste de dépense important pour la Suisse. Selon la BNS, chaque billet coûte en moyenne 40 centimes à produire. En 2024, la fabrication des billets a donc coûté près de 36 millions de francs. En ce qui concerne les pièces, les coûts varient selon leur valeur. Par exemple, produire une pièce de cinq centimes coûte 3,8 centimes, tandis qu’une pièce de cinq francs est fabriquée pour près de 50 centimes. Ces coûts sont importants lorsqu’on considère le volume de monnaie en circulation. En mars 2024, la Suisse comptait environ 5,9 milliards de pièces en circulation, d’une valeur totale de 3,35 milliards de francs. Leur production représentait une dépense annuelle d’environ six millions de francs.

Les coûts ne s’arrêtent pas à la production. Le stockage sécurisé des billets et pièces, notamment dans les commerces, entraîne des frais supplémentaires. Les commerçants, bien que certains privilégient encore le cash, doivent investir dans des systèmes de gestion des espèces, ce qui peut se révéler contraignant et coûteux. Cependant, le cash reste, selon les observateurs, le moyen de paiement le plus universel et accessible, en particulier pour ceux qui ne disposent pas d’une carte bancaire ou qui sont préoccupés par la protection de leurs données personnelles. Selon Dagmar Jenni, directrice de la Swiss Retail Federation, le cash reste un choix préféré des commerçants, car il est la solution la moins coûteuse en termes de traitement des paiements, comme le confirme une étude de la Deutsche Bundesbank.

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