Aldi frappe fort à l’approche des fêtes de fin d’année en annonçant une nouvelle baisse des prix de la viande dans toutes ses enseignes en Suisse. L’enseigne discounter propose des rabais allant jusqu’à 30 % sur certains produits carnés, dans un contexte où la pression sur le pouvoir d’achat des consommateurs ne cesse d’augmenter.
Cette offensive fait suite à une précédente réduction des prix du pain, qui avait suscité de vifs débats dans le pays. En réitérant sa stratégie de prix cassés, Aldi entend une fois de plus bousculer le commerce de détail suisse, un secteur déjà marqué par des tensions entre producteurs, détaillants et consommateurs.
Une stratégie de prix cassés : L’objectif d’Aldi
Après avoir provoqué un choc dans le secteur avec des baisses importantes sur le prix de la viande en 2024, Aldi ne ralentit pas son offensive. À l’approche de Noël, l’enseigne annonce une réduction moyenne de 23 % sur six produits carnés populaires, tels que le filet de bœuf Black Angus, l’entrecôte, le rumsteck, et le filet d’agneau. Ces produits, souvent consommés lors des repas festifs, bénéficient de réductions allant jusqu’à 30 %. Par exemple, le prix du rumsteck Black Angus passe de 4,99 CHF à 3,49 CHF, soit une réduction de 30 %, tandis que le filet d’agneau voit son prix baisser de 18 %, de 3,69 CHF à 2,99 CHF. Cette stratégie de baisse des prix vise à attirer les consommateurs à la recherche d’offres avantageuses pendant la période des fêtes, tout en consolidant la position d’Aldi comme leader du discount en Suisse.
Ces baisses de prix, qui ne concernent pas l’ensemble de l’assortiment, sont en grande partie financées par Aldi et ne devraient pas affecter les rémunérations des fournisseurs. Jérôme Meyer, directeur d’Aldi Suisse, précise que ces réductions reflètent une demande forte de viande de qualité à des prix accessibles, rapporte Blick. Pour l’enseigne, l’objectif est double : stimuler la demande pour des produits frais tout en renforçant sa compétitivité face à ses rivaux, tels que Migros et Coop, qui réagissent également à la pression des prix en modifiant leurs stratégies commerciales.
Réactions des producteurs et tensions sur le marché
Cette offensive de prix pose toutefois des problèmes pour les producteurs et les bouchers suisses, qui voient leur rentabilité mise à mal par de telles pratiques commerciales. En septembre 2024, lors de la précédente campagne de réduction des prix de la viande, des critiques virulentes étaient déjà apparues, notamment de la part de Markus Roten, président de l’Association des maîtres bouchers de Suisse centrale. Il avait dénoncé des baisses de prix jugées irréalistes, soulignant que les coûts de production en Suisse ne permettaient pas de telles réductions sans conséquences sur la qualité de la viande ou la viabilité des producteurs.
Un expert du secteur, également critique, estime que ces rabais ne reflètent pas la réalité du marché de la viande en Suisse, où les coûts de production sont élevés, notamment en raison de normes strictes en matière d’élevage et d’abattage. En réponse à ces préoccupations, Aldi affirme que ses fournisseurs continueront d’être rémunérés à hauteur de leurs tarifs habituels, et que l’enseigne finance entièrement ces baisses de prix. Néanmoins, cette promesse n’a pas suffi à apaiser les craintes des producteurs, qui redoutent que cette guerre des prix ne déstabilise davantage le marché de la viande en Suisse.
En 2024, la précédente réduction des prix avait déjà engendré une guerre des prix entre les grandes surfaces, et cette nouvelle offensive risque de relancer cette dynamique. Des enseignes comme Coop et Migros ont réagi en abaissant également les prix de certains produits carnés, entraînant une bataille silencieuse mais féroce pour offrir le meilleur rapport qualité-prix aux consommateurs. Cette situation a un impact direct sur les producteurs locaux, qui sont souvent contraints d’adopter des prix plus bas, sous peine de perdre leur clientèle au profit des grandes surfaces.
Le rôle central des consommateurs dans cette bataille
Les consommateurs suisses, toujours plus attentifs aux prix, jouent un rôle clé dans cette guerre des prix. La tendance « moins c’est cher, mieux c’est » a pris de l’ampleur ces dernières années, poussant les détaillants à se battre pour attirer cette clientèle exigeante. En octobre 2024, Migros a annoncé un programme ambitieux de baisse des prix sur plusieurs produits, tandis que Coop a réagi avec une offensive sur ses produits « Prix Garantie », en particulier dans ses magasins situés dans les gares.
Les consommateurs se sont également tournés vers le « shopping transfrontalier », en profitant des différences de prix entre la Suisse et ses pays voisins. Ce phénomène reste un défi pour les distributeurs locaux, qui tentent de limiter la perte de parts de marché. Les détaillants ont bien compris que la viande joue un rôle central dans les achats alimentaires, générant souvent des « effets d’entraînement » : un client qui achète un produit carnés à prix réduit est susceptible d’ajouter d’autres produits à son panier, tels que des légumes, des pâtes ou du vin. Ce phénomène est particulièrement important pour Aldi, qui espère ainsi fidéliser ses clients et augmenter la fréquence de leurs achats.








