Constat alarmant : 8,1% des Suisses vivent sous le seuil de pauvreté en 2025

En dépit des efforts déjà entrepris, la pauvreté demeure un problème persistant en Suisse, impactant particulièrement les groupes vulnérables.

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Constat alarmant : 8,1% des Suisses vivent sous le seuil de pauvreté : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Ce mercredi, la Confédération suisse a publié son premier rapport de monitoring sur la pauvreté, qui met en lumière une réalité inquiétante : environ 8 % de la population vit avec un revenu inférieur au minimum vital. Bien que la Suisse soit un pays économiquement prospère avec un système de sécurité sociale développé, la pauvreté reste un problème majeur.

Ce rapport, qui représente la première analyse complète et détaillée de la situation de la pauvreté dans le pays, souligne que l’objectif de réduction de la pauvreté n’a toujours pas été atteint, malgré les efforts du gouvernement. Il annonce également l’élaboration d’une stratégie nationale pour lutter contre la pauvreté d’ici 2027. Ce défi, loin d’être uniquement économique, touche de nombreux aspects de la vie des individus et nécessite une approche multidimensionnelle pour y faire face.

La pauvreté en Suisse : des inégalités persistantes malgré les efforts

Le monitoring de la pauvreté publié ce mercredi, a révélé que depuis 2014, le taux de pauvreté en Suisse a oscillé entre 8 % et 9 %, une situation préoccupante pour un pays réputé pour sa richesse. Si le taux de pauvreté est resté stable pendant la pandémie de Covid-19, grâce aux mesures de soutien mises en place, le problème persiste. Selon le Conseil fédéral, bien que des progrès aient été réalisés, la Suisse n’a pas atteint l’objectif de réduction de la pauvreté fixé dans sa Stratégie pour le développement durable 2030 et dans les programmes de législature du gouvernement jusqu’en 2027. Ce constat montre que, malgré un système de sécurité sociale bien développé, la pauvreté reste un fléau qui touche encore une partie significative de la population suisse.

Le rapport souligne que la pauvreté en Suisse ne concerne pas uniquement les personnes vivant avec des revenus insuffisants. Elle touche particulièrement les personnes sans activité professionnelle, les familles monoparentales, les ménages avec plusieurs enfants, les personnes vivant seules, celles peu qualifiées et les étrangers. Les données révèlent également que près de la moitié des personnes vivant sous le seuil de pauvreté souffrent de maladies chroniques, ce qui aggrave leur situation économique et sociale. La pauvreté, ainsi, n’est pas seulement une question d’argent, mais un phénomène qui affecte de manière globale la vie des individus dans des domaines aussi variés que la santé, l’éducation et l’activité professionnelle.

Une approche multidimensionnelle pour comprendre la pauvreté

Le premier rapport de monitoring adopte une approche multidimensionnelle pour analyser la pauvreté, ce qui permet de mieux comprendre ses causes et ses conséquences. Au-delà de la simple question financière, il considère six autres domaines : la santé, la formation, l’activité professionnelle, le logement, les relations sociales et la participation politique. Cette approche met en évidence que les difficultés financières des individus sont souvent exacerbées par des problèmes dans ces autres sphères de la vie.

L’accès à une éducation de qualité est l’un des facteurs déterminants pour sortir de la pauvreté, mais des inégalités existent toujours dans le système éducatif suisse. Les personnes sans formation postobligatoire sont en effet plus fréquemment touchées par la pauvreté que celles ayant un niveau d’études supérieur. De même, les conditions de logement et la qualité des relations sociales jouent un rôle crucial : la précarité sur ces plans peut isoler les individus et les empêcher de sortir du cercle vicieux de la pauvreté. Le rapport met aussi en lumière que les personnes vivant dans la pauvreté n’ont pas toujours les moyens de participer pleinement à la vie politique et sociale de leur pays, ce qui renforce leur exclusion.

Ce constat souligne l’importance d’une réponse globale et intégrée à la pauvreté. Les autorités suisses doivent s’attaquer non seulement aux aspects économiques de la pauvreté, mais aussi aux conditions sociales et structurelles qui la maintiennent. En effet, la pauvreté ne se limite pas à une question de revenus, mais résulte d’une combinaison de facteurs complexes qui empêchent de nombreuses personnes de mener une vie décente.

Vers une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté

En réponse à la motion 23.4450 de la conseillère nationale Estelle Revaz, le gouvernement suisse prévoit de développer une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté d’ici 2027. Le rapport du monitoring, qui repose sur une collaboration étroite entre l’Office fédéral des assurances sociales, l’Office fédéral de la statistique, ainsi que les cantons et les organisations de la société civile, servira de base pour cette stratégie. Le but est de réduire les inégalités sociales et économiques, en s’appuyant sur des instruments politiques éprouvés et en mettant en place des mesures efficaces pour garantir un minimum vital à chaque citoyen.

La stratégie nationale se concentrera sur l’amélioration de l’accès à l’éducation, la promotion de l’emploi et des conditions de travail, ainsi que l’amélioration des services sociaux, notamment dans les domaines de la santé et du logement. L’objectif est de garantir que les personnes les plus vulnérables bénéficient d’un soutien adéquat pour sortir de la pauvreté, en particulier les familles monoparentales, les personnes âgées, les migrants et ceux qui souffrent de maladies chroniques. Un des axes prioritaires de cette stratégie sera la lutte contre la précarité au travail et l’augmentation des opportunités de formation pour les adultes et les jeunes.

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