Les accidents graves impliquant des jeunes motocyclistes ne cessent d’augmenter en Suisse. Face à ce constat alarmant, des voix s’élèvent pour demander un retour de la limite d’âge pour conduire des motos de 125 cm3 à 18 ans. Le débat est relancé après une série d’incidents tragiques.
Depuis l’abaissement de la limite d’âge en 2021, les accidents de moto impliquant des mineurs ont triplé. Si certains plaident pour un durcissement de la législation, d’autres estiment que la réponse réside dans des formations plus strictes. Le sujet divise les milieux politiques et les experts en sécurité routière.
Des accidents qui se multiplient
Les accidents graves chez les jeunes motocyclistes sont devenus une problématique majeure ces dernières années. En juin 2025, plusieurs événements tragiques ont attiré l’attention sur ce phénomène.
Samedi soir, un jeune homme de 17 ans est décédé dans un accident de moto à Mosnang, dans le canton de Saint-Gall. Ce n’est pas un cas isolé, car il a été précédé de plusieurs incidents similaires.
Il y a deux semaines, un autre adolescent, âgé de 17 ans, est décédé après avoir percuté un camion en roulant à bord d’une Yamaha YZF-R125. Le nombre d’accidents graves impliquant des jeunes, bien qu’encore relativement faible en comparaison des autres groupes d’âge, est en forte hausse depuis l’abaissement de la limite d’âge en 2021. Selon les données de la Confédération, les accidents graves ont triplé en deux ans, passant d’une cinquantaine d’incidents en 2020 à plus de 150 en 2024, indique Blick.
Des propositions pour relever la limite d’âge
Face à la multiplication des accidents, certains parlementaires suisses plaident pour un retour de la limite d’âge à 18 ans. La conseillère nationale Nina Fehr Düsel (UDC) et sa collègue Bettina Balmer (PLR) ont fait part de leur soutien à cette mesure. En 2021, l’âge minimal pour conduire une moto de 125 cm3 avait été abaissé de 18 à 16 ans.
Cette baisse, adoptée dans un objectif de plus grande autonomie pour les jeunes, est aujourd’hui remise en question par plusieurs politiques, qui pointent la corrélation entre cette décision et la hausse des accidents graves.
Les partis de gauche, comme le Parti socialiste (PS) et les Vert’libéraux, ainsi que diverses associations de sécurité routière, y compris le Bureau de prévention des accidents et les moniteurs de conduite, se montrent également favorables à cette mesure. Selon eux, un relèvement de la limite d’âge pourrait permettre de mieux protéger les jeunes conducteurs.
Le camp opposé : une question de responsabilité individuelle
Toutefois, la proposition de relever la limite d’âge rencontre également de l’opposition. Plusieurs membres du parti UDC, tels que Walter Wobmann et Andreas Glarner, estiment que le problème ne réside pas dans l’âge des conducteurs, mais plutôt dans le manque de formation adéquate.
Selon eux, la solution passe avant tout par des cours de conduite plus stricts et une meilleure préparation des jeunes avant qu’ils ne prennent le volant de ces engins puissants. Pour eux, la responsabilité individuelle doit primer, et l’augmentation de l’âge minimum ne réglerait pas nécessairement la question des comportements à risque.








