Les réformes proposées par le Conseil fédéral prévoient des restrictions pour les personnes ayant déjà accompli une partie importante de leur service militaire. Dorénavant, celles-ci devront effectuer un total de 150 jours de service civil, une condition qui n’était pas en vigueur jusqu’ici.
Cette mesure s’inscrit dans une série d’autres révisions destinées à réduire le nombre d’admissions au service civil. La commission de politique de sécurité du Conseil national a adopté cette mesure à 16 voix contre 9, dans le but de réduire le nombre d’admissions de 6600 à 4000 personnes, ce qui correspond à une nette diminution du nombre de civilistes, explique Watson.
Les personnes astreintes au service militaire, qui ont déjà terminé tous leurs jours de service d’instruction, ne pourront plus être admises au service civil. Ce changement vise à garantir que seules les personnes dans des situations exceptionnelles puissent accéder à ce service. Le gouvernement entend ainsi limiter les admissions et assurer que le service civil redevienne une solution réservée aux cas vraiment nécessaires, conformément à son objectif constitutionnel.
L’alignement des obligations des civilistes sur celles des militaires
Autre mesure importante, l’alignement des obligations des civilistes sur celles des militaires. Désormais, les civilistes devront accomplir un service chaque année, à compter de l’année civile qui suit leur admission.
Cette nouvelle règle vise à imposer une charge similaire à celle des militaires, en assurant que les civilistes contribuent de manière plus régulière aux besoins du pays. Cette révision constitue un changement notable, car jusqu’à présent, les civilistes n’étaient pas soumis à un service continu de cette manière.
Ces changements font partie d’un effort visant à ajuster les effectifs dans les services publics et à renforcer la capacité de la Suisse à gérer ses ressources humaines dans les secteurs militaires et civils.
Le débat politique autour des réformes
La proposition de durcir l’accès au service civil a suscité des réactions vives de la part de certains partis politiques et organisations. Les Jeunes Verts et la Fédération suisse pour le service civil Civiva, par exemple, ont exprimé leur mécontentement face à cette réforme.
Ces groupes soulignent que l’engagement des civilistes est précieux et bénéfique pour l’ensemble de la société. Pour eux, cette réduction de l’accès au service civil semble contradictoire avec les objectifs de préservation et de soutien aux services publics, notamment dans les hôpitaux et autres institutions civiles, où l’aide des civilistes est particulièrement appréciée.
Si le Conseil fédéral entend réduire le nombre de civilistes pour renforcer les effectifs militaires, des voix dissidentes estiment que cette approche n’atteindra pas les résultats escomptés. Elles suggèrent qu’une meilleure gestion et des réformes au sein même de l’armée seraient plus efficaces pour résoudre les problèmes de sous-effectif, plutôt que de restreindre l’accès au service civil.








