Le franc suisse est-il en train de changer de direction? Après plusieurs mois de repli, la monnaie helvétique s’est nettement raffermie ces dernières heures. Vendredi, vers 13h, un dollar valait 0,8288 franc et un euro 0,9307 franc.
Le mouvement est particulièrement marqué face à l’euro, qui a perdu environ un centime en peu de temps. Une variation inhabituelle sur le marché des changes. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette remontée s’explique surtout par la faiblesse de la monnaie européenne plutôt que par un brusque regain de vigueur du franc.
Pourquoi les investisseurs reviennent vers la Suisse
Les marchés financiers sont actuellement particulièrement nerveux. Les inquiétudes concernant l’endettement de plusieurs pays européens, notamment la France, ainsi que les incertitudes entourant son budget 2027, ont fait grimper les tensions sur les marchés obligataires.
Dans ce contexte, les investisseurs recherchent à nouveau des actifs considérés comme plus sûrs. Et le franc bénéficie traditionnellement de ce statut de valeur refuge.
Des économistes de Commerzbank soulignent notamment la situation relativement solide des finances publiques suisses et le frein à l’endettement inscrit dans la Constitution. Dans un environnement marqué par la hausse des rendements obligataires et les incertitudes géopolitiques, la Suisse apparaît ainsi comme l’un des rares refuges encore disponibles, rapporte la RTS.
Le conflit au Moyen-Orient et les inquiétudes concernant les prix de l’énergie renforcent également cette tendance.
Une bonne nouvelle pour les consommateurs
Pour les ménages suisses, un franc plus fort présente plusieurs avantages.
Les produits importés peuvent coûter moins cher, tout comme les voyages à l’étranger. Les achats effectués en euros ou en dollars deviennent également plus avantageux pour les Suisses.
L’énergie peut elle aussi bénéficier de cet effet de change, puisque le pétrole et de nombreuses matières premières sont négociés en dollars.
Mais l’effet ne se fera pas nécessairement sentir immédiatement. Les entreprises achètent souvent leurs marchandises plusieurs mois à l’avance et utilisent des instruments financiers pour se protéger contre les fluctuations des devises.
Les exportateurs, eux, font grise mine
Pour les entreprises qui vendent leurs produits à l’étranger, le retour du franc fort constitue en revanche une source de pression.
Une entreprise suisse qui facture ses produits en euros ou en dollars mais paie une grande partie de ses coûts en francs voit mécaniquement ses recettes diminuer une fois converties dans la monnaie helvétique.
L’industrie exportatrice, mais aussi le tourisme, peuvent donc être pénalisés. Les entreprises disposent de plusieurs moyens pour limiter cet effet, notamment en ajustant leurs prix, en améliorant leur productivité ou en se couvrant contre les variations de change.
Reste à savoir combien de temps durera ce mouvement. Pour l’instant, le franc retrouve surtout son rôle de refuge au moment où les investisseurs s’inquiètent de plus en plus de la situation financière et géopolitique internationale.








