La fin du rêve du master en économie : même les meilleurs profils cherchent encore un emploi en Suisse

Le master en économie n’est plus le ticket gagnant qu’il était autrefois. En Suisse romande, de nombreux jeunes diplômés découvrent une réalité inattendue.

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La fin du rêve du master en économie : même les meilleurs profils cherchent encore un emploi en Suisse : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Pendant longtemps, décrocher un master en économie était considéré comme un véritable tremplin vers une carrière stable. Mais cette époque semble moins évidente aujourd’hui.

Un an après leur sortie de l’université, une part importante des jeunes diplômés peine encore à décrocher un poste. Cette situation est d’autant plus difficile en Suisse romande.

Les jeunes diplômés face à un marché du travail plus difficile

Selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS), 8,5% des titulaires d’un master en sciences économiques obtenu en 2024 étaient toujours sans emploi un an après leur diplôme. Un taux qui a doublé en seulement deux ans.

Mais derrière cette moyenne nationale se cachent de fortes différences selon les universités. À Genève, 17,3% des diplômés en économie sont encore sans emploi un an après leur master, soit près d’une personne sur six, d’après les chiffres relayés par la NZZ am Sonntag. À Lausanne, la situation est également tendue avec un taux de 13,7%.

À l’inverse, certaines universités affichent des résultats nettement meilleurs. À Zurich, le taux descend à 6,4%, tandis que l’Université de Saint-Gall affiche seulement 2,7%, le meilleur résultat parmi les établissements comparés.

Cette hausse du chômage chez les diplômés en économie intervient dans un contexte économique moins favorable. Les entreprises se montrent plus prudentes, réduisent parfois leurs coûts et ralentissent certains recrutements.

Un autre facteur pourrait également jouer un rôle. La progression rapide de l’intelligence artificielle. Certaines tâches auparavant confiées aux jeunes diplômés, notamment dans l’analyse de données, la comptabilité ou le marketing, peuvent désormais être automatisées en partie.

Les postes d’entrée dans la vie professionnelle seraient donc particulièrement exposés à cette transformation du marché du travail.

L’Université de Genève estime toutefois qu’il faut rester prudent avant d’établir un lien direct entre IA et baisse de l’emploi. Pour l’établissement, cette évolution ne signifie pas forcément une disparition des postes, mais plutôt une transformation des compétences recherchées.

Le défi consiste désormais à mieux connecter les formations universitaires aux besoins des entreprises.

Les universités cherchent de nouvelles solutions

Face à cette évolution, les établissements adaptent progressivement leur approche. À Lausanne, la Faculté des HEC organise notamment un «Career Day» destiné à rapprocher étudiants et employeurs, tout en développant davantage les compétences numériques et transversales.

L’objectif est d’aider les étudiants à mieux préparer leur insertion professionnelle avant l’obtention de leur diplôme.

Pour l’économiste de l’éducation Stefan Wolter, les étudiants doivent également changer leur manière d’aborder leurs études. Après plusieurs décennies marquées par un marché du travail favorable, une forme d’habitude se serait installée.

Selon lui, les futurs diplômés devraient davantage réfléchir à leurs perspectives professionnelles dès le début de leur parcours universitaire, plutôt qu’au moment de chercher leur premier emploi.

Le master en économie reste donc un diplôme recherché, mais il n’offre plus automatiquement une place dans le monde professionnel. Désormais, les compétences pratiques, l’adaptation aux nouvelles technologies et le lien avec les entreprises deviennent des éléments déterminants pour réussir son entrée sur le marché du travail.

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