Le secteur touristique suisse commence à ressentir les effets du conflit au Moyen-Orient, pourtant éloigné géographiquement du pays. La guerre perturbe les grandes liaisons aériennes internationales, ce qui complique l’arrivée de nombreux touristes en Europe et en Suisse.
Cette situation touche particulièrement l’hôtellerie, qui dépend fortement de la clientèle internationale, notamment asiatique. Plusieurs établissements enregistrent déjà des annulations de groupes et une baisse des réservations, ce qui inquiète les professionnels à l’approche de la saison estivale.
Les perturbations des vols via le Golfe entraînent des annulations en Suisse
Le tourisme suisse est indirectement touché par le conflit au Moyen-Orient en raison des perturbations du trafic aérien international. Les grands hubs aériens du Golfe, comme Dubaï, Abou Dhabi et Doha, sont des points de transit essentiels pour les voyageurs venant d’Asie et du Moyen-Orient vers l’Europe. Lorsque ces liaisons sont perturbées, les voyages deviennent plus compliqués, plus longs ou sont tout simplement annulés, ce qui impacte directement les réservations hôtelières en Suisse.
Depuis le début du conflit le 28 février, certains hôteliers ont déjà observé des annulations importantes. Un hôtelier du canton de Schwytz explique que durant les cinq premiers jours suivant le début du conflit, 120 groupes ont annulé leur réservation, ce qui représente plus de 4800 clients, rapporte Blick. Pour des établissements qui accueillent principalement des groupes de touristes étrangers, ces annulations représentent une perte importante de revenus et créent des trous dans les carnets de réservation pour les semaines et les mois à venir.
Dans certains hôtels, la clientèle asiatique représente une part très importante de l’activité. Un hôtelier indique par exemple que 85% de sa clientèle est composée de groupes asiatiques. Cette forte dépendance à certains marchés rend le secteur particulièrement sensible aux crises internationales et aux perturbations du transport aérien. En début d’année, les réservations en provenance d’Asie étaient pourtant en forte hausse, atteignant des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis près de dix ans. La situation a donc changé très rapidement avec le début du conflit.
Un secteur touristique qui tente de limiter l’impact grâce à la diversification
L’impact du conflit n’est toutefois pas identique dans toutes les régions touristiques suisses. Dans des destinations comme Lucerne, Interlaken, Grindelwald, Zermatt ou Bâle, la situation varie selon les établissements et leur clientèle. Certains hôtels indiquent que la demande reste comparable à celle de l’année précédente, tandis que d’autres signalent des annulations de dernière minute et une légère baisse de fréquentation.
La période estivale est particulièrement importante pour le tourisme suisse, car le nombre de visiteurs en provenance d’Asie et du Moyen-Orient atteint son pic durant les mois d’été, avec plusieurs centaines de milliers de visiteurs par mois. Si les liaisons aériennes via les hubs du Golfe restent perturbées, les conséquences pourraient être plus importantes pour la saison touristique. Les professionnels du secteur suivent donc la situation avec attention, car l’été représente une période clé pour le chiffre d’affaires de nombreux hôtels.
Le secteur hôtelier suisse a toutefois tiré des enseignements de la crise du Covid-19, lorsque le tourisme international s’était presque arrêté. À cette époque, de nombreux hôtels avaient dû adapter leur stratégie et se tourner vers d’autres clientèles, notamment les touristes suisses, européens et américains. Dans certaines villes touristiques, la clientèle américaine est aujourd’hui devenue la principale clientèle étrangère, remplaçant en partie les grands groupes asiatiques.
Certains établissements expliquent que la diversification de la clientèle permet de mieux résister aux crises internationales. En accueillant des clients suisses, européens et américains, les hôtels peuvent compenser en partie la baisse de certaines clientèles internationales. D’autres établissements cherchent également de nouveaux partenaires et de nouveaux itinéraires pour permettre aux touristes asiatiques de rejoindre l’Europe via d’autres routes aériennes. Certains hôteliers indiquent d’ailleurs que les premières réservations via de nouveaux tour-opérateurs commencent déjà à arriver.








