Cet été, la compagnie aérienne Swiss sera à nouveau confrontée à des annulations massives de vols, notamment sur ses liaisons long-courriers, en raison d’un manque continu de pilotes. Cette situation, qui perdure depuis plusieurs années, n’a pas été résolue malgré les efforts déployés pour y remédier.
En raison de cette pénurie de personnel et d’autres facteurs aggravants, Swiss devra supprimer 326 vols, soit environ 0,4 % de son programme estival. Ce problème a déjà causé l’annulation de 1400 vols en 2025 et continue de perturber les opérations de la compagnie.
Une pénurie de pilotes qui frappe particulièrement les vols long-courriers
La crise des pilotes chez Swiss touche principalement les liaisons long-courriers. La compagnie a dû réduire la fréquence de certains vols vers des destinations importantes, comme Chicago et Shanghai. Les vols vers Chicago ne seront plus assurés que 12 fois par semaine, contre 14 vols hebdomadaires l’année dernière. Pour Shanghai, la réduction est encore plus marquée, avec seulement 3 vols hebdomadaires au lieu de 7. Oliver Buchhofer, directeur des opérations chez Swiss, explique que ces suppressions concernent des lignes qui nécessitent beaucoup de personnel, en raison du nombre élevé de pilotes requis pour assurer les rotations des avions, rapporte le portail Aerotelegraph. La compagnie fait face à un déficit de capitaines et de copilotes, notamment pour des avions aussi divers que l’A320 et l’A340.
Outre cette pénurie de personnel navigant, plusieurs autres facteurs compliquent la gestion des vols. Swiss a immobilisé 11 avions en raison de problèmes de moteurs, ce qui a encore réduit le nombre d’avions disponibles pour les vols. À cela s’ajoute le processus de reconversion des nouveaux équipages, notamment pour l’Airbus A350, qui entrera en service régulier cet été. La transition vers l’utilisation de nouveaux modèles d’avions nécessite une formation longue et complexe, ce qui retarde la mise en service complète de la flotte et aggrave la pénurie de ressources humaines.
Trop de personnel de cabine, pas assez de pilotes
La situation de Swiss est d’autant plus complexe qu’il existe un déséquilibre entre le nombre de pilotes et celui du personnel de cabine. Tandis que la compagnie peine à recruter suffisamment de pilotes, elle fait face à un excédent d’hôtesses de l’air et de stewards. Ce surplus de personnel de cabine a conduit Swiss à proposer des primes de départ allant jusqu’à 15 000 francs suisses pour encourager les départs volontaires. Cette prime équivaut à environ quatre mois de salaire, pour un salaire de base d’environ 4000 francs par mois. Toutefois, bien que ces départs volontaires aident à réduire le nombre d’employés en trop, le manque de pilotes reste un problème majeur pour l’entreprise.
De plus, la crise de personnel chez Swiss ne semble pas trouver de solution rapide. Selon une communication interne obtenue par Blick, la compagnie estime que cette situation ne sera résolue que d’ici 2027. La formation des pilotes, en particulier la progression de copilote à capitaine, nécessite plusieurs années d’expérience et de formation sur différents types d’avions. Les efforts pour combler cette pénurie de manière urgente sont donc limités par les contraintes imposées par la convention collective de travail, qui ne permet pas de faire évoluer les pilotes aussi rapidement que nécessaire.
Cette crise de personnel est d’autant plus problématique pour Swiss que son bénéfice a considérablement diminué. Les charges supplémentaires, telles que l’augmentation du prix du kérosène, ajoutent aux difficultés financières de la compagnie. Les annulations de vols causées par des événements imprévus, tels que la guerre en Iran, ont encore alourdi la situation, rendant la rentabilité de l’entreprise plus difficile à maintenir.








