Les usines et les consommateurs suisses sur la sellette : la hausse du gaz réveille les spectres de la crise de 2022

L’industrie suisse fait face à une nouvelle crise énergétique avec la hausse brutale des prix du gaz, suscitant des inquiétudes pour les entreprises et les consommateurs.

Publié le
Lecture : 2 min
Suisse
Les usines et les consommateurs suisses sur la sellette : la hausse du gaz réveille les spectres de la crise de 2022 : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

La crise énergétique en cours, exacerbée par la montée des tensions géopolitiques, met une nouvelle fois l’industrie suisse sous pression. Le coût de l’énergie, en particulier le gaz, a augmenté de manière brutale, ravivant les souvenirs de la crise de 2022.

Si les entreprises suisses se disent mieux préparées, l’incertitude persiste, et certaines pourraient être contraintes d’augmenter leurs prix pour préserver leur rentabilité. À long terme, l’industrie devra continuer à s’adapter à ces hausses de coûts pour maintenir sa compétitivité et sa résilience face à une conjoncture mondiale incertaine.

Une situation qui rappelle 2022

Les tensions géopolitiques récentes au Moyen-Orient, ont entraîné une flambée soudaine des prix de l’énergie, provoquant de nouvelles inquiétudes parmi les industriels suisses. En à peine deux semaines, le prix du gaz a bondi d’environ 50% sur le marché de gros, atteignant des niveaux similaires à ceux observés lors de la crise énergétique de 2022, alimentée par la guerre en Ukraine. Cette hausse rapide a des répercussions importantes sur les coûts de production, notamment dans les secteurs industriels qui dépendent fortement de l’énergie. Le prix du mégawattheure a ainsi dépassé les 45 francs, contre moins de 30 francs avant les récentes perturbations, suscitant des préoccupations au sein des entreprises.

Pour les usines suisses, cette flambée des prix de l’énergie rappelle la crise de 2022, durant laquelle des entreprises comme Vetropack avaient déjà payé un lourd tribut à l’augmentation des coûts énergétiques. Le directeur de Swisspor, une entreprise spécialisée dans la fabrication de matériaux d’isolation, Edouard Logoz, explique que l’impact de la hausse du prix du gaz se fera sentir avec un certain retard, rapporte 20Min. En effet, les commandes de gaz étant réalisées à l’avance, l’effet sur les coûts de production ne sera visible qu’à partir du mois d’avril. Ce décalage donne aux entreprises un peu de répit, mais l’incertitude reste élevée, surtout si la situation se prolonge.

Des solutions de court terme et un secteur plus résilient

L’augmentation des coûts de l’énergie concerne non seulement le gaz, mais aussi d’autres sources d’énergie, comme le mazout et le diesel. Selon Gaznat, l’ampleur et la rapidité de cette hausse sont plus soudaines qu’en 2022, où la crise énergétique avait évolué de manière progressive. Les industriels doivent désormais faire face à une situation où la hausse des coûts de l’énergie pourrait nuire à leur rentabilité et les contraindre à répercuter ces hausses sur leurs prix. Edouard Logoz, de Swisspor, reconnaît qu’« impossible de faire autrement » si la situation perdure, et l’entreprise prévoit déjà une augmentation des prix de certains produits pour compenser l’augmentation des coûts de production.

Malgré l’incertitude actuelle, les entreprises se disent mieux préparées qu’il y a quatre ans. Grâce aux leçons tirées de la crise énergétique de 2022, elles ont mis en place des stratégies d’adaptation plus robustes. Selon Stephan Mumenthaler, directeur de Scienceindustries, « l’industrie a dû apprendre à faire face » à ces hausses de prix, et bien que la situation soit encore préoccupante, les entreprises suisses disposent d’une plus grande résilience. Cependant, même avec cette préparation, la hausse des prix de l’énergie pourrait encore avoir des répercussions sur la compétitivité des entreprises, particulièrement celles qui dépendent de l’énergie pour des processus de production intensifs.

Laisser un commentaire

Share to...