Comme chaque année, les Suisses devront ajuster leurs horloges à la fin du mois de mars. Dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 mars 2026, à 2 heures du matin, il sera directement 3 heures.
Ce changement d’heure signifie une heure de sommeil en moins, mais aussi des journées plus longues et un avant-goût de l’été. Bien que cette tradition soit bien ancrée, elle continue de susciter des débats sur son utilité et ses effets sur la santé.
Un héritage de l’optimisation énergétique
Le changement d’heure a été adopté en Suisse en 1981, dans le cadre d’une initiative visant à mieux exploiter la lumière naturelle et à réaliser des économies d’énergie. L’idée était simple : en avançant les horloges, la journée serait plus longue, permettant ainsi de réduire la consommation d’électricité en soirée. Ce système s’inscrit dans une logique de rationalisation des ressources, qui était particulièrement pertinente à l’époque, dans un contexte de crise énergétique.
Cependant, avec les progrès technologiques et les évolutions dans la gestion de l’énergie, cette justification commence à perdre de son poids. Le débat sur l’utilité du changement d’heure se pose de plus en plus, avec des critiques sur les effets secondaires que cela engendre, notamment sur la santé des individus. Les conséquences physiques et psychologiques du passage à l’heure d’été sont souvent sous-estimées.
Les impacts sur le sommeil et la santé
Le principal effet négatif du changement d’heure concerne le sommeil. En effet, l’adaptation à ce nouveau rythme est souvent difficile, et plusieurs études ont mis en évidence l’impact de ce changement sur la qualité du sommeil. La perturbation du rythme biologique peut entraîner des troubles du sommeil, de la fatigue et une baisse de concentration dans les jours qui suivent le passage à l’heure d’été.
Les effets ne se limitent pas à une simple gêne passagère. Les recherches montrent qu’une augmentation du nombre d’accidents de la route, de crises cardiaques et de problèmes de santé est souvent observée dans les jours suivant la transition. Le stress causé par ce changement brutal peut perturber non seulement l’organisme, mais aussi les habitudes de travail et de vie des individus.
Pour atténuer ces effets, il est conseillé de commencer à ajuster son rythme quelques jours avant le passage à l’heure d’été. Cela inclut des changements progressifs dans l’heure de coucher et l’exposition à la lumière naturelle dès le matin pour mieux synchroniser l’horloge biologique. Il est également recommandé d’éviter les excitants, comme la caféine, en fin de journée pour faciliter l’endormissement et minimiser les perturbations.
Suppression du changement d’heure : un projet en suspens
Le changement d’heure est loin d’être une pratique universellement acceptée. Depuis plusieurs années, l’Union européenne débat activement de sa suppression. En 2019, le Parlement européen a voté en faveur de l’abolition du changement d’heure, mais a laissé aux États membres le choix de conserver soit l’heure d’hiver, soit l’heure d’été. Ce projet a pour but de simplifier les vies des citoyens, en supprimant cette double transition annuelle et ses effets indésirables.
Malgré cette volonté européenne, aucune décision définitive n’a encore été prise. De plus, la Suisse, bien qu’elle ne fasse pas partie de l’Union européenne, suit généralement les décisions de ses voisins en matière de coordination économique et sociale, rappelle Watson. Dans ce contexte, il est probable que la Suisse continue de suivre le modèle de l’UE, à moins qu’un consensus ne se forme sur un modèle différent. Le pays pourrait ainsi finir par renoncer au changement d’heure, à l’image de certains autres pays qui ont déjà pris cette décision.








