Les communes suisses sous la loupe : laquelle gère le mieux l’argent public ? Le classement dévoilé

Un nouvel outil permet de comparer l’efficacité financière des communes suisses, apportant plus de transparence et d’analyse dans la gestion des fonds publics.

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Les communes suisses sous la loupe : laquelle gère le mieux l’argent public ? Le classement dévoilé : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le financement des communes suisses est souvent un sujet opaque pour les citoyens, mais un nouvel outil développé par l’Université de Berne pourrait changer cela. Cet outil de benchmark permet d’évaluer l’efficacité des finances communales dans 19 cantons, dont Fribourg, Genève et Berne, et offre ainsi un aperçu précieux de la gestion des fonds publics à l’échelle locale. 

L’objectif est de comparer la manière dont les communes répartissent et utilisent leur argent dans différents secteurs clés comme l’administration, l’éducation, les infrastructures et le social. Ce projet de recherche pourrait bien avoir un impact majeur sur la manière dont les citoyens perçoivent et interagissent avec leurs communes.

Un outil inédit pour évaluer l’efficacité financière des communes suisses

L’outil développé par le Centre pour le Public Management (KPM) de l’Université de Berne est une première dans le domaine de la gestion publique en Suisse. Ce benchmark mesure l’efficacité financière des communes sur la base de plusieurs critères, dont la gestion de l’administration générale, les infrastructures publiques, l’éducation et le secteur social. Il permet de comparer la performance des communes en termes de gestion des ressources publiques et d’évaluer leur santé financière. Les résultats sont disponibles pour 19 cantons suisses, bien que certaines régions comme Neuchâtel, le Jura et le Tessin ne fournissent pas encore de données comparables, en raison de différences dans leurs systèmes comptables.

Les résultats publiés par Watson, montrent des différences notables dans l’efficacité de gestion financière, même entre les petites communes et les grandes. Un fait surprenant ressort de cette analyse : 45 communes de moins de 1 000 habitants figurent parmi les mieux classées. Par exemple, des petites localités comme Realp (UR) ou Hüniken (SO), avec moins de 200 habitants, se montrent particulièrement performantes en matière de gestion des ressources. Adrian Ritz, directeur du KPM, souligne que « les petites communes ne sont pas forcément inefficaces », un constat qui remet en question l’idée selon laquelle les petites structures sont moins efficaces que les grandes. Les petites communes réussissent souvent à offrir des services de qualité à leurs habitants tout en maîtrisant leurs dépenses. 

Cependant, cet outil montre aussi que les grandes communes, à partir de 35 000 habitants, sont en moyenne plus efficaces dans la gestion de leurs finances. Cela est particulièrement vrai pour les villes de l’agglomération zurichoise et les communes du canton de Genève, qui affichent des niveaux élevés d’efficacité, bien que leur coût de gestion soit plus élevé.

Efficacité ou effectivité ? Une nuance importante dans l’analyse

Un autre aspect important du benchmark est la distinction entre efficacité et effectivité. L’efficacité se réfère à l’optimisation des ressources disponibles, tandis que l’effectivité se mesure à l’aune de la capacité d’une commune à atteindre ses objectifs, même si cela implique des dépenses supplémentaires. Par exemple, une commune peut être moins efficace en termes financiers si elle investit massivement dans des projets populaires, comme des équipements sportifs ou des infrastructures culturelles, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’elle échoue à répondre aux attentes de sa population.

Les communes ayant une population plus exigeante en termes de services, comme celles situées dans les régions aisées autour du lac de Zurich, peuvent obtenir de moins bons scores en efficacité tout en étant jugées effectives par leurs habitants. Ces communes investissent dans des projets d’infrastructure ou de services supplémentaires qui ne sont pas strictement nécessaires mais qui sont très demandés par une population capable de financer ces dépenses à travers des impôts relativement faibles. Cela peut inclure des projets comme la construction de piscines communales ou la création de nouvelles places de jeux pour enfants.

À l’opposé, des communes comme Emmen (LU), une commune de 33 000 habitants, qui figure dans le groupe des meilleures communes en termes de gestion financière, montrent qu’une gestion rigoureuse et un contrôle strict des dépenses peuvent aussi mener à une grande efficacité. La présidente de la commune, Ramona Gut-Rogger, explique que, face à une situation financière tendue et des dettes importantes, Emmen est contrainte de prendre des décisions difficiles pour maximiser l’utilisation des fonds publics, tout en investissant dans des projets essentiels comme les écoles. Elle reconnaît que ces choix peuvent parfois être « douloureux », mais ils obligent la commune à fixer des priorités claires.

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