Trump relance ses droits de douane : la Suisse dans le viseur des nouvelles enquêtes commerciales

Donald Trump relance sa politique de droits de douane en lançant des enquêtes commerciales, visant notamment la Suisse, après un revers juridique.

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Droits de douane
Trump relance ses droits de douane : la Suisse dans le viseur des nouvelles enquêtes commerciales : Crédit : Mandel NGAN / AFP | Econostrum.info - Suisse

Donald Trump semble bien décidé à ne pas abandonner sa politique de droits de douane, malgré un revers infligé par la Cour suprême. Le 11 mars 2026, la Maison Blanche a annoncé le lancement de plusieurs enquêtes commerciales visant à documenter les préjudices économiques subis par les États-Unis. 

Cette démarche ouvre la voie à l’imposition de nouveaux droits de douane, après l’annulation par la Cour suprême de ceux mis en place sous son administration. La Suisse fait partie des pays visés par ces nouvelles enquêtes.

Vers une nouvelle offensive commerciale ?

La Maison Blanche, par l’intermédiaire de Jamieson Greer, le représentant au Commerce (USTR), a précisé que les premières enquêtes se concentreront sur les pays ou blocs économiques pour lesquels des preuves suggèrent une « surcapacité structurelle ». La Chine, l’Union européenne (UE), le Japon, l’Inde et le Mexique figurent parmi les premières cibles. Selon les autorités américaines, cette enquête pourrait également concerner d’autres pays, dont la Suisse, malgré les accords commerciaux existants limitant la mise en place de tarifs douaniers élevés sur leurs produits.

En parallèle, une deuxième série d’enquêtes sera lancée pour examiner les pratiques de travail dans certains pays, notamment l’utilisation du travail forcé pour la fabrication de biens exportés vers les États-Unis, relève Watson. La question des conditions de travail, en particulier pour les Ouïghours en Chine, a déjà été abordée sous le mandat de Joe Biden, mais ces nouvelles investigations pourraient potentiellement entraîner l’interdiction d’importation de certains produits. Bien que l’USTR insiste sur le fait que l’objectif n’est pas de cibler un pays en particulier, cette analyse touche en réalité une soixantaine de pays à travers le monde.

Les enquêtes seront menées dans le cadre de la loi commerciale de 1974, utilisée par l’administration Trump pour justifier des droits de douane, notamment en ce qui concerne le secteur de la construction navale. Elles s’étaleront sur plusieurs mois, commençant par une période de consultation publique, suivie d’auditions. Ces démarches auront pour but de déterminer si les pays concernés nuisent aux intérêts économiques des États-Unis en raison de pratiques commerciales injustes.

De nouveaux droits de douane : une réponse à la Cour suprême

Le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis a annulé une grande partie des droits de douane imposés par Donald Trump sur des produits chinois, jugés illégaux. La Cour a estimé que la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence (IEEPA) utilisée pour justifier ces taxes ne permettait pas au président d’imposer des surtaxes, une prérogative qui revient au Congrès. Cette décision a mis en lumière les limites juridiques de la politique tarifaire de l’ex-président, mais Trump a réagi rapidement en annonçant de nouveaux droits de douane de 10 % pour remplacer ceux annulés.

Ces droits de douane temporaires, mis en place en février 2026, ne dureront que 150 jours, jusqu’au 24 juillet. Après cette période, le Congrès devra se prononcer pour déterminer s’ils seront inscrits dans la durée. Bien que ces taxes ne soient que temporaires, elles témoignent de la volonté de Trump de continuer à utiliser les droits de douane comme levier économique. Le gouvernement n’exclut pas de nouvelles enquêtes si nécessaire, afin d’élargir encore la portée de ces mesures.

Le montant généré par les droits de douane instaurés durant son mandat avait atteint 166 milliards de dollars, et ce revenu pourrait être partiellement remboursé aux entreprises ayant déposé des recours judiciaires pour récupérer ces fonds. La question du remboursement des taxes perçues a d’ailleurs suscité un certain nombre de contestations en raison de l’annulation des droits de douane par la Cour suprême.

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