Le pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure pour de nombreux ménages en Suisse. Malgré un ralentissement de l’inflation, les prix demeurent élevés et continuent de peser sur les budgets des foyers. Dans ce contexte, le rôle du Surveillant des prix, souvent appelé «Monsieur Prix», est de limiter les hausses tarifaires jugées excessives dans plusieurs secteurs essentiels.
L’année 2025 a ainsi été marquée par de nombreuses interventions dans les domaines de l’énergie, de la santé et des services publics. Au total, ces actions ont permis d’empêcher ou de freiner des augmentations de prix représentant plus de 100 millions de francs.
Des interventions nombreuses face à la pression sur les budgets
Selon le Surveillant des prix Stefan Meierhans, la situation financière de nombreux ménages suisses reste fragile. Lors d’une conférence de presse à Berne, il a rappelé que le recul de l’inflation ne signifie pas une baisse des prix, relève la RTS. «Même si l’inflation recule actuellement, cela signifie seulement que les prix augmentent moins vite. Cela ne signifie pas qu’ils baissent», a-t-il expliqué. Dans ce contexte, éviter de nouvelles augmentations constitue un objectif central pour l’autorité de surveillance.
En 2025, le bureau du Surveillant des prix a enregistré 1549 signalements de citoyens. La majorité de ces plaintes concernait les tarifs de l’énergie, les coûts de la santé et certains services postaux. En parallèle, l’autorité a examiné 365 structures tarifaires dans des domaines tels que l’eau, les eaux usées ou encore la gestion des déchets.
Plusieurs accords ont été conclus avec différents acteurs économiques afin de limiter les hausses tarifaires. Des ententes ont notamment été trouvées avec les exploitants de réseaux de gaz à haute pression, un fournisseur de chauffage urbain, la Poste, un important prestataire de paiement sans espèces ainsi que plusieurs plateformes numériques. Ces négociations ont permis d’éviter des augmentations de prix qui auraient pesé directement sur les consommateurs.
Le secteur énergétique reste un enjeu majeur pour les années à venir. La transformation du système d’approvisionnement, liée notamment à la transition énergétique, risque d’entraîner des coûts importants pour les ménages. Pour Stefan Meierhans, il est essentiel que cette transition ne se traduise pas par une double charge financière. Il estime qu’il ne serait pas acceptable que les particuliers financent simultanément de nouveaux systèmes de chauffage tout en continuant à payer l’amortissement des infrastructures énergétiques existantes.
Santé et plateformes numériques également dans le viseur
Au-delà de l’énergie, le secteur de la santé demeure l’un des domaines les plus sensibles en matière de coûts. Les interventions du Surveillant des prix ont contribué à alléger les dépenses de l’assurance maladie obligatoire de plusieurs centaines de millions de francs en 2025. Malgré ces résultats, le potentiel d’économies reste important selon l’autorité.
Stefan Meierhans a notamment mis en avant les écarts de prix observés pour certains dispositifs médicaux. Les implants orthopédiques constituent un exemple frappant. Pour des prothèses de genou identiques, les tarifs pratiqués par différents hôpitaux suisses peuvent varier dans certains cas d’un facteur supérieur à six. Une telle disparité soulève des questions sur la transparence des achats hospitaliers.
Pour améliorer la situation, le Surveillant des prix propose la création d’un registre national recensant les prix d’achat effectifs des implants médicaux. Une telle base de données permettrait de mieux comparer les coûts entre établissements et d’encourager une plus grande transparence dans les procédures d’achat.
Un autre levier d’économie concerne le développement des soins ambulatoires. En Suisse, leur part représente environ 20% des prestations médicales, alors qu’elle dépasse 50% dans plusieurs autres pays. Cette différence s’explique notamment par des incitations financières jugées inadaptées ainsi que par certaines surcapacités dans le domaine hospitalier.
Le domaine des transports publics a également fait l’objet d’une intervention. Un accord a été conclu avec les CFF pour les années 2025 et 2026. Dans ce cadre, l’entreprise ferroviaire s’est engagée à proposer chaque année des billets dégriffés représentant au moins 50 millions de francs de réductions pour les voyageurs.
Toutes les négociations n’ont cependant pas abouti. Le Surveillant des prix n’est pas parvenu à trouver un compromis avec la plateforme de réservation hôtelière Booking.com. Après l’échec des discussions, l’autorité a rendu une décision prévoyant une réduction moyenne d’environ un quart des commissions jugées abusives. La société a contesté cette décision en déposant un recours, ce qui laisse pour l’instant l’issue de la procédure incertaine.
Dans l’ensemble, les activités du Surveillant des prix illustrent l’ampleur des enjeux liés au coût de la vie en Suisse. Entre la transition énergétique, les dépenses de santé et les services numériques, plusieurs secteurs continuent de susciter l’attention des autorités afin de protéger les consommateurs face à des hausses tarifaires jugées excessives.








