Inflation et prix en hausse : La guerre en Iran va lourdement peser sur le portefeuille des Suisses

La guerre en Iran menace d’impacter sérieusement le portefeuille des Suisses, avec des conséquences imprévisibles pour leur pouvoir d’achat.

Publié le
Lecture : 3 min
Guerre en Iran
Inflation et prix en hausse : La guerre en Iran va lourdement peser sur le portefeuille des Suisses : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

La guerre en Iran génère des hausses de prix qui commencent déjà à impacter le portefeuille des Suisses. Les prix de l’essence, de l’électricité et du pétrole brut augmentent, tandis que l’appréciation du franc suisse complique la situation des exportateurs. 

En parallèle, les marchés boursiers suisses perdent du terrain, tandis que l’or connaît une forte hausse. Ces hausses sont directement liées à la crise géopolitique actuelle, et les consommateurs suisses devront s’attendre à une augmentation des coûts dans les semaines et mois à venir.

Les prix de l’essence et de l’énergie en forte hausse

Depuis l’escalade des tensions en Iran, le prix des barils de pétrole brut a augmenté de 17 à 18%. Le prix du Brent avoisine actuellement les 84 dollars, et l’Iran a annoncé avoir pris le contrôle du détroit d’Ormuz, par où transite 20% du pétrole mondial. Selon Olivier Epelly, expert en stratégie énergétique, cette situation a déjà entraîné une hausse des prix des carburants. Selon ses propos rapportés par Blick « Le blocage du détroit d’Ormuz a des effets immédiats sur l’ensemble des énergies fossiles dans le monde ».

Le prix à la pompe en Suisse a déjà montré une tendance à la hausse. Selon les données du Touring Club Suisse, le prix de l’essence sans-plomb (SP95) est passé de 1,64 franc par litre début février à 1,72 franc début mars. Si la situation persiste, le prix du baril pourrait atteindre 100 dollars, ce qui pourrait faire augmenter le prix à la pompe de plus de 2 francs par litre. Cette perspective inquiète les automobilistes, qui se sont rués vers les stations-service ces derniers jours pour anticiper la hausse.

L’augmentation du prix du pétrole pourrait également affecter le marché de l’électricité. Bien que la Suisse bénéficie d’une production électrique relativement propre, elle reste dépendante des importations d’électricité, surtout en hiver. En conséquence, les prix de l’électricité pourraient augmenter en 2027 si la crise persiste. Les consommateurs sur le marché libre de l’électricité en Suisse, qui dépendent des prix à court terme, ont déjà constaté une hausse de 15% depuis la fin février.

L’inflation, un risque grandissant, et l’effet du franc suisse

Si l’inflation en Suisse reste faible pour l’instant, les experts préviennent qu’elle pourrait augmenter en raison des hausses de prix générées par la guerre. D’après Arthur Jurus, chef des investissements chez Oddo BHF (Switzerland), « une augmentation de 10% du prix du Brent pourrait augmenter l’inflation suisse de 0,1 point ». Cela signifie que l’inflation pourrait légèrement s’accélérer, particulièrement dans les secteurs de l’énergie et du transport.

Parallèlement, l’appréciation du franc suisse pourrait avoir des effets contrastés. En raison de l’incertitude géopolitique, le franc suisse s’est renforcé de 0,4% contre l’euro depuis le début du conflit. Si cette situation est bénéfique pour les consommateurs suisses, car elle rend les importations moins chères, elle pénalise en revanche les exportateurs suisses. Pour des secteurs comme l’horlogerie, la chimie ou l’électronique, un franc trop fort peut nuire à la compétitivité sur les marchés internationaux.

Le dilemme pour la Banque nationale suisse (BNS) est de savoir s’il faut laisser le franc s’apprécier pour maîtriser l’inflation énergétique ou intervenir pour soutenir les secteurs exportateurs. Cette décision pourrait devenir cruciale dans les mois à venir, en fonction de l’évolution de la situation au Moyen-Orient.

L’or s’envole, les actions dégringolent

La guerre en Iran a également un impact direct sur les marchés financiers suisses. Alors que l’or, considéré comme une valeur refuge, a vu son prix bondir de 5% depuis le début du mois de mars, les actions des grandes entreprises suisses ont chuté. L’indice SMI a perdu 2,4% entre le 27 février et le 4 mars, avec des secteurs comme la construction, l’assurance et l’énergie enregistrant les plus fortes baisses. Parmi les plus grands perdants figurent Holcim, Swiss Re et Sika, dont les actions ont chuté de 6% à 8%.

Ce climat de volatilité boursière pousse de nombreux investisseurs à se tourner vers l’or, qui connaît une demande accrue en Suisse. Le métal jaune a ainsi vu sa valeur augmenter, avec une demande cinq fois supérieure à la normale pour les lingots et pièces d’or. Cette ruée vers l’or pourrait se poursuivre si les tensions au Moyen-Orient s’intensifient davantage.

Laisser un commentaire

Share to...