Le Demi-tarif Plus a été lancé pour offrir davantage de flexibilité aux usagers des transports publics suisses grâce à un système de crédit prépayé. Présenté comme une alternative numérique moderne, il séduit par son fonctionnement simple et son bonus intégré.
Pourtant, plusieurs clients signalent des dysfonctionnements au moment du renouvellement de leur abonnement annuel. Entre risque de double abonnement actif et impossibilité d’utiliser le crédit le dernier jour, ces situations mettent en lumière les limites d’un système encore perfectible.
Un renouvellement anticipé qui peut activer deux abonnements
En règle générale, les titulaires du Demi-tarif Plus reçoivent une invitation à renouveler leur abonnement avant son échéance annuelle ou avant l’épuisement du crédit. L’objectif est d’assurer une continuité de service et d’éviter toute interruption dans l’utilisation des transports publics. Toutefois, un renouvellement effectué trop tôt peut produire un effet inattendu.
Deux clientes ont témoigné auprès de SRF avoir renouvelé leur abonnement environ une semaine avant la date d’échéance. Or, le nouveau contrat a pris effet immédiatement, alors que l’ancien restait valable. Les deux abonnements se sont ainsi retrouvés actifs en parallèle. Concrètement, la durée du nouvel abonnement a commencé à courir sans attendre la fin du précédent.
Cette situation entraîne une perte de validité sur le nouveau contrat, puisque les clientes disposent de moins d’une année complète pour utiliser le crédit chargé. Si le crédit bonus n’est pas consommé dans les délais, il est perdu à l’échéance. Au-delà de l’aspect financier, les personnes concernées évoquent une question de principe. Elles comparent cette situation à une double assurance, soulignant que pour le Demi-tarif traditionnel ou l’abonnement général, un nouveau contrat n’est pas activé tant que l’ancien n’est pas expiré.
Les CFF ont expliqué aux clientes qu’il s’agissait d’une contrainte technique, « due au système », rapporte la RTS. Cette réponse a suscité de l’incompréhension. Les usagers concernés estiment qu’une réglementation aussi peu intuitive devrait au minimum être expliquée de manière claire et transparente. Une cliente bernoise a indiqué qu’elle aurait attendu le dernier moment pour renouveler si elle avait été pleinement informée des conséquences.
À la suite de ces critiques, Alliance Swisspass a adapté la notification de renouvellement. Les clients sont désormais explicitement informés que le nouvel abonnement prend effet dès le lendemain de la souscription, même si l’ancien est encore valable.
Le dernier jour de validité et les limites du système Easy Ride
Un autre problème apparaît lorsqu’un client choisit de ne pas renouveler immédiatement son Demi-tarif Plus afin d’utiliser son crédit restant jusqu’au dernier jour de validité. Un usager du canton de Zurich a ainsi souhaité épuiser son solde via le système Easy Ride. Or, le trajet effectué le dernier jour n’a pas pu être débité sur son abonnement.
La raison tient au fonctionnement technique d’Easy Ride, qui comptabilise les trajets le lendemain. En l’absence de renouvellement, le système ne détecte plus de moyen de paiement valide au moment du débit. Malgré un crédit suffisant au moment du voyage, le client a dû payer son billet rétroactivement. Sa réclamation auprès d’un guichet CFF n’a pas abouti, la réponse étant qu’aucune correction n’était possible dans l’immédiat.
Alliance Swisspass reconnaît l’existence d’un problème technique dans ce cas précis. Le décalage entre la date du voyage et celle du débit entraîne une incohérence lorsque l’abonnement arrive à échéance sans reconduction. Une solution est actuellement en cours d’élaboration, sans calendrier précis de mise en œuvre. En attendant, les personnes concernées sont invitées à contacter le Centre de contact des CFF à Brigue.
Ces situations soulignent les défis liés à la gestion d’abonnements numériques combinés à des systèmes de paiement différé. Si le Demi-tarif Plus offre une grande souplesse d’utilisation, son fonctionnement repose sur des processus techniques complexes qui ne sont pas toujours intuitifs pour les usagers. La question centrale demeure celle de la transparence et de l’information, afin d’éviter des désagréments financiers ou administratifs.








