L’industrie horlogère suisse débute 2026 sur une note négative. Après une légère embellie en décembre, ses exportations ont chuté de 3,6% en janvier, selon les chiffres publiés par la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH). Les exportations de garde-temps se sont élevées à 1,92 milliard de francs, marquant ainsi une baisse par rapport à l’année précédente.
Cette chute intervient après une période prolongée de baisse depuis août 2025, marquée par les effets des droits de douane imposés par les États-Unis. Le mois de décembre (+7,6%) avait cependant offert un léger rebond, mais ce n’a été qu’une exception dans une tendance autrement défavorable.
Impact des droits de douane et baisse dans plusieurs catégories de produits
L’industrie horlogère continue de subir les effets de l’internationalisation complexe des marchés et de la concurrence accrue. Selon les chiffres publiés dans le rapport de la FH ce jeudi, l’une des principales raisons du recul des exportations horlogères en janvier réside dans la baisse des exportations de montres en métaux précieux, qui ont chuté de 14%. Cette catégorie de produits, autrefois phare dans l’exportation horlogère suisse, souffre de la pression sur les prix et de la concurrence accrue. Parallèlement, les montres en acier ont également enregistré une diminution de 4,5%. Bien que les garde-temps bimétalliques aient connu une hausse de 16%, cette progression n’a pas suffi à compenser les baisses observées dans les autres catégories de produits.
Le groupe « autres matières », qui a vu une hausse de 6,5%, a également soutenu les exportations, mais ce segment reste insuffisant pour compenser les baisses des autres catégories. L’expert de l’industrie souligne que le marché des montres haut de gamme, notamment en métaux précieux, est particulièrement affecté par les fluctuations économiques mondiales et les incertitudes géopolitiques, qui freinent la consommation dans les marchés clés. Les montres bimétalliques, qui ont enregistré un bond de 45%, montrent que certains segments plus abordables connaissent une croissance, mais cette performance ne suffit pas à inverser la tendance générale.
Dynamique des marchés asiatiques et résilience des marchés secondaires
Si le marché américain reste en baisse, les exportations vers l’Asie offrent quelques signes de résilience. En janvier, les exportations vers Hong Kong et la Chine ont progressé de 7,5%, offrant un contrepoids aux difficultés rencontrées sur le marché américain. Ces deux marchés sont cruciaux pour l’horlogerie suisse, représentant respectivement les deuxième et troisième destinations des exportations suisses de montres. Le Japon a également enregistré une croissance de 7,4%, tout comme la France (+6,4%) et les Émirats arabes unis (+6,3%). Ces chiffres soulignent que, bien que les États-Unis restent un marché essentiel, les exportations suisses trouvent un soutien croissant dans les régions asiatiques et les marchés européens.
Les experts estiment que ces marchés continueront de croître, notamment en raison de l’intérêt croissant pour les produits de luxe en Asie, alimenté par une classe moyenne en expansion et une volonté de consommation orientée vers des produits prestigieux comme les montres suisses. Cependant, l’industrie horlogère suisse devra se concentrer davantage sur ces marchés émergents tout en développant des stratégies pour réduire l’impact des droits de douane américains et d’autres facteurs externes qui pèsent sur ses performances.








