Les Suisses prêts à sacrifier leur budget pour rester proches de leur lieu de travail

Malgré la hausse des loyers, les Suisses privilégient la proximité du lieu de travail et refusent d’allonger leurs trajets pour économiser sur le logement.

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Les Suisses prêts à sacrifier leur budget pour rester proches de leur lieu de travail : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Les loyers dans les centres urbains suisses sont en forte augmentation, et l’offre de logements abordables se raréfie. Toutefois, une enquête récente révèle que la majorité des citoyens préfère assumer ces loyers élevés plutôt que d’allonger leurs trajets domicile-travail pour économiser sur le prix du loyer. 

En dépit de la pénurie de logements accessibles, notamment à proximité des centres urbains, nombreux sont ceux qui refusent de s’éloigner des villes pour obtenir un loyer plus modéré. Ce phénomène met en lumière des choix de vie qui privilégient la proximité du lieu de travail, souvent au détriment de la recherche de prix plus abordables.

La recherche de proximité prime sur les économies

Une enquête menée par Comparis a démontré que trois quarts des Suisses semblent privilégier la proximité du lieu de travail, même si cela implique des loyers plus élevés. Les emplois étant principalement concentrés dans les centres urbains, il devient de plus en plus difficile d’y trouver des logements abordables. Les répondants à l’enquête ont répondu que pour eux, un trajet de plus de 30 minutes est une « contrainte permanente ». En effet, la limite psychologique du temps de transport est de 30 minutes : au-delà de ce seuil, les trajets quotidiens sont perçus comme un fardeau. Pour beaucoup, la qualité de vie et le confort sont plus importants que la possibilité de trouver un loyer moins élevé en périphérie.

Harry Büsser, expert immobilier chez Comparis, explique que la politique ne doit pas se laisser illusionner par l’idée qu’il est possible de déplacer la crise du logement vers les périphéries. La majorité des Suisses refuse de vivre à plus de 30 minutes de leur lieu de travail, malgré la montée des prix du logement. Une telle situation démontre l’importance de repenser les stratégies de gestion de la crise du logement dans les centres urbains.

De plus, le coût supplémentaire que représente le temps passé dans les transports en commun ou en voiture est perçu comme un coût caché qui impacte directement le bien-être des personnes. Cette « navette » quotidienne agit comme un fardeau supplémentaire, difficile à supporter de manière durable. Les personnes qui consacrent plus de temps à leurs trajets se déclarent généralement moins satisfaites de leur qualité de vie, et il est évident que ce coût en bien-être n’est pas négligé par la population.

Les trajets longs : une contrainte pour certains, une flexibilité pour d’autres

Les femmes, notamment, sont particulièrement sensibles à la durée de leurs trajets domicile-travail. En raison de leur rôle majeur dans l’organisation du quotidien familial, elles considèrent la proximité comme une condition essentielle. Pour elles, habiter près du lieu de travail n’est pas un luxe, mais une nécessité pour pouvoir gérer efficacement leurs obligations familiales.

Malgré cela, une tendance générale émerge : la plupart des personnes interrogées résident à proximité de leur lieu de travail et préfèrent parcourir de courtes distances, généralement jusqu’à cinq kilomètres. En revanche, ceux qui doivent s’éloigner davantage de leur lieu de travail choisissent souvent de conduire, ce qui met une pression supplémentaire sur les infrastructures routières. Cette situation devient problématique, car de nombreux habitants se retrouvent confrontés à des embouteillages quotidiens, ce qui augmente encore leur stress et leur insatisfaction.

Les jeunes adultes, en revanche, se montrent plus flexibles en ce qui concerne les trajets longs. Ils sont plus enclins à accepter de vivre plus loin pour bénéficier de loyers plus abordables. Cette souplesse s’explique en partie par leurs moyens financiers limités, ce qui les pousse à rechercher des solutions de logement plus économiques. Toutefois, même pour eux, la durée du trajet reste un facteur déterminant, et cette flexibilité atteint ses limites lorsque les trajets empiètent sur leur temps libre.

Les jeunes adultes utilisent souvent les transports publics, mais ces derniers sont de plus en plus saturés. Environ un tiers des répondants à l’enquête déclarent utiliser les transports publics pour se rendre au travail, tandis que 15% optent pour le vélo, le vélo électrique ou la marche à pied, en particulier pour des distances courtes. Ces solutions alternatives permettent d’éviter les embouteillages et d’optimiser leur temps, bien que ces options ne soient pas exemptes de contraintes liées à la saturation des réseaux.

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