Migros tire le rideau sur Smood : 427 emplois supprimés dans 25 villes suisses d’ici avril

L’entreprise de livraison de repas détenue par Migros, annonce la fermeture de ses activités, entraînant la suppression de 427 postes dans 25 villes suisses.

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Migros tire le rideau sur Smood : 427 emplois supprimés dans 25 villes suisses d’ici avril : Crédit : Keystone | Econostrum.info - Suisse

L’entreprise genevoise de livraison de repas Smood, filiale de Migros Genève, a annoncé la fermeture définitive de ses activités prévue pour le 30 avril prochain. Après avoir connu une expansion rapide, Smood se retrouve confrontée à un marché de plus en plus compétitif et à des résultats financiers en deçà de ses attentes. 

Cette décision affectera directement les 427 employés de l’entreprise, répartis dans 25 villes suisses. Si la fermeture de Smood soulève des questions sur la viabilité de certaines entreprises dans un secteur ultra-concurrentiel, elle met également en lumière la fragilité des petites sociétés face aux géants du marché.

Un marché saturé et des résultats insuffisants

Fondée en 2011, Smood a rapidement su s’imposer dans le secteur de la livraison de repas en Suisse. En l’espace de quelques années, l’entreprise était présente dans 25 villes et employait plus de 400 personnes. Cependant, la société a dû faire face à un environnement concurrentiel particulièrement tendu, marqué par la présence de grands acteurs internationaux tels qu’Uber Eats et Deliveroo, qui ont élargi leur emprise sur le marché suisse.

L’entreprise a évoqué dans un communiqué que ses résultats financiers étaient en-dessous des objectifs fixés, notamment en raison de la concentration du marché et de la pression des grandes plateformes. Ces dernières années, les acteurs du secteur de la livraison de repas ont dû faire face à des défis importants, tels que la hausse des coûts d’exploitation, les charges sociales accrues et l’intensification de la concurrence. En janvier, Smood avait déjà souligné que les conditions de marché étaient devenues extrêmement difficiles, avec des marges de plus en plus serrées et une pression grandissante pour les petites entreprises.

Un autre facteur important qui a joué un rôle dans la décision de fermer Smood est la législation suisse. En 2025, le Tribunal fédéral a statué que les entreprises de livraison de repas, telles que Smood, sont considérées comme des entreprises de location de services et doivent donc verser des charges sociales. Cette décision juridique a ajouté un fardeau financier supplémentaire pour Smood, déjà confrontée à des coûts d’exploitation élevés et à une rentabilité en déclin.

La combinaison de ces facteurs économiques a conduit Smood à la conclusion qu’un redressement de ses activités n’était plus envisageable. Le Conseil d’administration a donc pris la décision de fermer l’entreprise à la fin du mois d’avril 2026.

Un plan social pour soutenir les employés

La fermeture de Smood aura un impact majeur sur ses employés. L’entreprise, qui emploie 427 personnes, a négocié un plan social avec le syndicat Syndicom pour accompagner au mieux ses collaborateurs dans cette transition difficile. Ce plan social inclut des mesures financières, un soutien à la réinsertion professionnelle et un accès à des opportunités de reclassement au sein du groupe Migros Genève.

En effet, Smood a annoncé que ses services continueront de fonctionner « dans les conditions habituelles » jusqu’à la fin de ses activités, permettant ainsi une transition en douceur. Les employés ont été informés des modalités détaillées du plan social, qui prévoit des indemnités de licenciement, des mesures d’accompagnement pour le retour à l’emploi, ainsi que des possibilités de reclassement au sein d’autres divisions du groupe Migros.

Ce plan vise à réduire l’impact de la fermeture sur les employés, en particulier ceux qui sont en poste depuis longtemps, comme les livreurs qui représentent une grande partie de la main-d’œuvre de Smood. Bien que les employés puissent bénéficier de mesures de réinsertion professionnelle, la situation reste complexe pour un grand nombre d’entre eux, dans un secteur déjà saturé de candidats qualifiés.

Au-delà du soutien financier, l’entreprise a également mis en place des programmes de formation pour aider les collaborateurs à se réorienter vers d’autres secteurs d’activité. Cependant, la réinsertion rapide des employés dans des emplois similaires pourrait s’avérer difficile dans un marché de l’emploi déjà très concurrentiel, notamment dans le domaine de la livraison et de la logistique.

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