Début de semaine exceptionnel pour le franc suisse, qui a enregistré des niveaux historiques face à l’euro et au dollar. Alors que le dollar américain était une nouvelle fois sous pression, le franc a poursuivi son ascension, atteignant des records notables, en particulier par rapport à l’euro.
Le lundi, le dollar est passé sous la barre des 0,77 et s’échangeait précisément à 0,7659 franc suisse, son niveau le plus bas depuis 2011. Ce phénomène a fait écho à une tendance plus large, où la devise suisse a vu son pouvoir d’achat augmenter par rapport aux autres monnaies majeures.
Une appréciation du franc suisse face à l’euro et au dollar
L’appréciation du franc suisse a été particulièrement marquée face à l’euro. La paire euro-franc suisse a chuté lundi à 0,9130, contre 0,9169 le matin, avant d’atteindre un nouveau plus bas historique en fin d’après-midi, à 0,9127. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où les investisseurs se tournent vers des devises considérées comme plus sûres, comme le franc suisse, face à des incertitudes économiques globales, notamment liées aux fluctuations des marchés financiers.
Parallèlement, le dollar américain a connu une pression à la baisse, atteignant 0,7659 francs. Cette baisse est intervenue après une période de volatilité accrue pour la devise américaine, qui a traversé plusieurs secousses sur les marchés mondiaux. En janvier, le dollar avait même chuté sous les 0,7605 francs, un niveau qui n’avait pas été observé depuis plus d’une décennie. La combinaison de ces éléments a contribué à l’appréciation continue du franc suisse, ce qui a éveillé des préoccupations quant aux répercussions économiques de cette situation.
La réaction de la Banque nationale suisse face à la vigueur du franc
Face à cette situation, certains économistes et institutions financières se demandent si la Banque nationale suisse (BNS) pourrait intervenir pour limiter l’appréciation de sa monnaie. Valiant Bank a exprimé des inquiétudes quant à l’impact de la force du franc sur le secteur exportateur suisse. Un franc plus fort peut rendre les produits suisses plus chers pour les clients étrangers, ce qui risque de nuire aux exportations, essentielles pour l’économie suisse.
Le président de la BNS, Martin Schlegel, a reconnu que la situation actuelle n’était « pas simple », mais a également précisé que l’appréciation du franc ne justifiait pas encore une intervention immédiate, rapporte Watson. Selon Valiant Bank, tant que le franc ne s’apprécie pas de manière brusque ou significative, la BNS devrait rester en retrait, bien que cette position puisse évoluer si la situation venait à se détériorer davantage. Toutefois, l’absence d’intervention pourrait continuer à pénaliser le secteur exportateur, qui représente une part importante de l’économie helvétique.
Il est important de noter que la BNS dispose de plusieurs outils pour tenter d’atténuer l’impact d’une monnaie trop forte. Parmi ces outils figurent les interventions directes sur le marché des changes ou des ajustements de la politique monétaire. Toutefois, une action de cette nature risquerait d’entraîner des conséquences sur l’économie interne, notamment sur l’inflation et la stabilité financière des ménages.
Pression sur le dollar alimentée par des facteurs géopolitiques
La pression sur le dollar a également été exacerbée par des facteurs géopolitiques, notamment des informations concernant la Chine. Une dépêche de presse de Bloomberg a révélé que des responsables chinois avaient exhorté les banques du pays à limiter leurs achats d’obligations du Trésor américain. Cette évolution a contribué à l’affaiblissement du dollar et a intensifié la pression sur la devise américaine, entraînant une remontée de l’euro face au dollar, avec la paire euro-dollar atteignant 1,1920 en fin de journée, son plus haut niveau depuis fin janvier.
Ce facteur géopolitique a renforcé les tendances déjà présentes sur le marché des devises, contribuant à l’ascension du franc suisse. Cette dynamique met en lumière l’interdépendance des marchés monétaires et la manière dont des événements internationaux peuvent influer directement sur la valeur des devises nationales.








