La question de savoir si la Banque nationale suisse (BNS) pourrait abaisser son taux directeur sous la barre de 0 % en 2026 reste un sujet de débat parmi les économistes. Bien que le franc suisse se soit apprécié récemment, certains experts estiment que la probabilité d’un retour aux taux d’intérêt négatifs est faible, et ce, pour plusieurs raisons économiques.
En effet, la BNS a indiqué qu’elle ne considérait pas une nouvelle politique de taux négatifs, malgré un franc fort, la situation modérée de l’inflation et la réduction des droits de douane américains. Ces facteurs devraient favoriser une croissance économique modérée, limitant ainsi les risques de déflation ou de taux négatifs prolongés.
La BNS face aux défis économiques et aux effets des taux négatifs
La BNS a été claire sur un point : même une inflation temporairement inférieure à zéro ne justifierait pas un retour aux taux négatifs. Bien que la Suisse bénéficie d’un taux d’inflation relativement faible, la BNS garde sa marge de manœuvre entre 0 % et 2 % pour éviter un retour des taux négatifs. Ces derniers ont eu des effets déstabilisants sur certains secteurs de l’économie, en particulier les épargnants et les caisses de pension. Les investisseurs, poussés à chercher des rendements plus élevés, ont augmenté leur exposition aux actifs risqués, ce qui a accentué la volatilité des marchés financiers. Parallèlement, les taux négatifs ont encouragé l’endettement et alimenté la hausse des prix immobiliers, mais n’ont eu qu’un impact limité sur l’économie réelle, notamment en termes de création de valeur durable.
Les institutions de prévoyance, comme les caisses de pension, ont été particulièrement touchées par la politique des taux négatifs, car leurs rendements ont chuté, les contraignant à diversifier leurs portefeuilles. Ces rendements réduits ont limité les capacités de financement des retraites, mettant sous pression un système de prévoyance déjà fragilisé. Dans ce contexte, il apparaît que la BNS privilégiera la stabilité et l’équilibre plutôt qu’un retour aux taux négatifs, qui pourraient avoir des conséquences sociales et économiques considérables.
Contexte européen et mondial : des facteurs atténuants pour la Suisse
Le contexte économique européen constitue également un facteur dissuadant pour la BNS en ce qui concerne un retour aux taux négatifs. La reprise économique attendue dans la zone euro, soutenue par des politiques monétaires plus modérées et une inflation maîtrisée, rend peu probable un assouplissement des taux directeurs par la Banque centrale européenne (BCE), explique le média La Vie économique. Si l’inflation dans la zone euro reste en deçà de 2 %, cela pourrait décourager la BCE de prendre des mesures supplémentaires, ce qui, à son tour, limiterait la pression sur la BNS pour ajuster sa politique monétaire.
En ce qui concerne la valeur du franc suisse, après une récente appréciation, les analystes estiment que le franc ne devrait pas se renforcer davantage par rapport à l’euro en 2026. Un regain de vigueur de l’euro pourrait en effet être alimenté par une croissance économique positive et par la stabilité des taux d’intérêt dans la zone euro. De plus, si le franc devait se réapprécier à nouveau, la BNS pourrait être amenée à intervenir sur les marchés des changes pour stabiliser la monnaie, une option qui, selon certains experts, serait tolérée par les autorités américaines dans le cadre de la coopération internationale.
L’économie mondiale, quant à elle, a montré une évolution relativement stable en 2025, malgré les tensions commerciales et géopolitiques, notamment entre les États-Unis et la Chine. La croissance modérée prévue en 2026 devrait être soutenue par un retour de la demande économique, amplifié par des dépenses publiques accrues aux États-Unis, en Chine et en Allemagne. Les perspectives globales sont globalement positives, mais des risques géopolitiques, comme la rivalité croissante entre la Chine et les États-Unis, subsistent. Une escalade de cette rivalité pourrait perturber la production mondiale, en particulier dans le domaine des ressources naturelles, avec des conséquences potentiellement négatives pour l’économie mondiale.








