Ce lundi 9 février, la Suisse a clairement indiqué qu’elle ne participerait pas à l’alliance commerciale proposée par les États-Unis concernant les terres rares, des minéraux cruciaux pour la technologie moderne et l’industrie militaire. Cette décision survient après que le président américain Donald Trump a invité plus de 50 pays, dont la Suisse, à rejoindre un bloc commercial visant à réduire la dépendance mondiale vis-à-vis de la Chine, dominatrice dans ce secteur.
Bien que plusieurs entreprises suisses de matières premières aient été sollicitées pour soutenir cette initiative, le gouvernement helvétique, par le biais du Secrétariat d’État à l’économie (SECO), a précisé que la participation de la Suisse « n’est pas à l’ordre du jour ». Cette prise de position a des répercussions non seulement sur les relations économiques avec les États-Unis, mais aussi sur la politique étrangère suisse en matière de ressources naturelles et de géopolitique mondiale.
Les terres rares : un enjeu géopolitique majeur
Les terres rares sont des éléments essentiels dans de nombreux secteurs, des technologies avancées comme les téléphones mobiles et les batteries électriques, jusqu’aux applications militaires. La Chine détient une position dominante dans l’extraction et le raffinage de ces ressources, ce qui crée une dépendance mondiale, particulièrement pour les États-Unis et l’Union européenne. Face à cette situation, Donald Trump a lancé l’idée de créer un bloc commercial international regroupant des pays producteurs et consommateurs de ces minéraux pour sécuriser l’approvisionnement et réduire cette dépendance. L’objectif de l’alliance est de renforcer les capacités d’exploitation des minéraux critiques tout en limitant l’influence géopolitique de la Chine.
Dans ce contexte, les États-Unis ont invité une cinquantaine de pays, dont des acteurs clés comme la Suisse, à rejoindre cette initiative. L’idée était de mettre en place une coopération internationale pour l’exploitation, la transformation et le commerce des terres rares, tout en diversifiant les sources d’approvisionnement. Plusieurs grandes entreprises suisses du secteur des matières premières, telles que Mercuria et Trafigura, ont été impliquées dans les discussions. Ces sociétés jouent un rôle stratégique en matière de négoce et d’approvisionnement de ressources naturelles sur le marché international. Leur expertise et leur réseau mondial en font des acteurs incontournables dans la chaîne d’approvisionnement des matières premières.
Cependant, la Suisse a refusé de rejoindre ce bloc commercial ce lundi, selon le Tages-Anzeiger. Ce rejet peut être compris comme une décision stratégique en réponse aux tensions géopolitiques croissantes et à la volonté de la Suisse de maintenir son statut de neutralité dans les affaires internationales. Bien que la Suisse ne soit pas un producteur majeur de terres rares, elle est un acteur clé dans la transformation et le commerce de ces ressources, et il est donc crucial de comprendre pourquoi le pays choisit de ne pas s’engager dans une alliance dirigée par les États-Unis.
La neutralité suisse : un choix économique pragmatique
Le refus de la Suisse de rejoindre l’alliance des terres rares ne se limite pas à une question géopolitique, mais est aussi le reflet de la position pragmatique qu’elle adopte traditionnellement dans ses relations internationales. La Suisse privilégie des relations bilatérales et multilatérales équilibrées, évitant de prendre parti dans des coalitions politiques ou commerciales qui pourraient la contraindre à s’opposer à des partenaires majeurs comme la Chine ou d’autres puissances économiques mondiales.
En outre, la Suisse est un centre financier et commercial majeur pour les matières premières, avec des entreprises comme Mercuria et Trafigura qui exercent une influence considérable dans le négoce international. Ces entreprises, bien qu’elles jouent un rôle essentiel dans l’approvisionnement et la distribution des terres rares, ont également des intérêts mondiaux qui les obligent à rester indépendantes des influences géopolitiques spécifiques. En choisissant de ne pas s’engager dans une alliance avec les États-Unis, la Suisse préserve ainsi son indépendance économique et évite de se retrouver dans une situation où elle devrait choisir entre des puissances concurrentes.
Le pays mise également sur des stratégies alternatives, comme le développement de technologies de recyclage des terres rares et des investissements dans des solutions plus durables. Cela permettrait à la Suisse de rester compétitive dans le domaine des ressources naturelles, tout en maintenant un équilibre délicat dans ses relations internationales.








