Ils rêvent de quitter le travail à 40 ans : Pourquoi de plus en plus de jeunes Suisses optent pour le mouvement FIRE ?

Et si vous pouviez prendre votre retraite à 40 ans ? Le mouvement FIRE, qui séduit de plus en plus de jeunes Suisses, promet l’indépendance financière grâce à une épargne rigoureuse et des investissements stratégiques.

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Ils rêvent de quitter le travail à 40 ans : Pourquoi de plus en plus de jeunes Suisses optent pour le mouvement FIRE ? : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le mouvement FIRE, qui prône l’indépendance financière et la retraite anticipée, gagne de plus en plus d’adeptes, y compris en Suisse romande. Né aux États-Unis dans les années 1990, ce modèle repose sur l’idée de vivre avec une frugalité extrême afin d’épargner une grande partie de ses revenus et de les investir intelligemment.

L’objectif ultime : pouvoir prendre sa retraite bien avant l’âge de 65 ans, en vivant uniquement des rendements générés par ses investissements. Toutefois, bien que ce mouvement rencontre un grand succès auprès des jeunes professionnels, il suscite également des critiques, notamment en raison de son accessibilité restreinte pour une partie de la population.

Le modèle FIRE : un calcul rigoureux et une frugalité à toute épreuve

Le principe central du mouvement FIRE repose sur deux idées majeures : une épargne conséquente et des investissements judicieux. Les adeptes de FIRE sont prêts à sacrifier un confort immédiat pour investir une portion significative de leurs revenus, parfois jusqu’à 50%, explique la RTS. Cette somme est ensuite placée dans des instruments financiers tels que des actions, des obligations ou des fonds, dans le but de créer des rendements suffisants pour couvrir leurs besoins sans avoir à travailler. L’idée est que, une fois ce capital constitué, les rendements annuels permettront de vivre de manière confortable.

Ce mode de vie nécessite une discipline financière rigoureuse, basée sur une gestion active des finances personnelles. Pour ceux qui suivent ce modèle, chaque dépense est scrutée et optimisée, avec une attention particulière portée aux achats quotidiens. La priorité est donnée à l’investissement plutôt qu’à la consommation. Les personnes engagées dans ce mouvement accordent une grande importance à la gestion de leur budget, en recourant souvent à des logiciels ou des applications pour suivre leurs dépenses et optimiser chaque euro dépensé.

L’objectif est de cumuler suffisamment d’actifs pour ne plus dépendre de leur salaire. L’un des principes les plus utilisés par les adeptes de FIRE est le calcul du montant nécessaire pour pouvoir vivre uniquement des rendements de ses investissements. En général, les calculs indiquent que pour pouvoir prendre sa retraite, un individu doit accumuler un capital dont les 4% annuels couvrent ses dépenses de vie. Selon cette règle, une somme de 2,6 millions de francs permettrait de dégager environ 100’000 francs par an, soit un budget suffisant pour de nombreux foyers en Suisse. Ce modèle séduit ceux qui souhaitent atteindre une indépendance financière avant l’âge légal de la retraite, permettant ainsi de choisir librement leur activité sans contrainte de revenu.

Les limites du mouvement FIRE : accessibilité et critiques sociales

Malgré son succès croissant, le mouvement FIRE n’est pas sans critiques. L’un des principaux reproches concerne son caractère inaccessibile pour une grande partie de la population. En effet, l’idée de pouvoir économiser une part aussi importante de son revenu semble irréaliste pour ceux qui vivent avec des salaires modestes. Le mouvement FIRE repose sur l’hypothèse que l’on dispose de revenus suffisamment élevés pour permettre une épargne substantielle. Or, pour beaucoup de travailleurs suisses, notamment ceux dans des emplois à bas salaire ou dans des régions à coût de vie élevé, économiser 50% de son revenu n’est tout simplement pas possible. Cela soulève la question de l’inégalité d’accès à ce modèle, qui semble réservé à ceux qui ont déjà un certain niveau de revenus ou un capital initial.

Au-delà de cette question d’accessibilité, le mouvement FIRE est également critiqué pour son approche individualiste. En concentrant tous ses efforts sur l’accumulation de richesse et l’épargne, il met de côté des aspects importants de la vie, tels que les relations sociales ou la consommation responsable. Certains estiment que la frugalité prônée par le modèle peut conduire à un isolement social, où l’individu se prive d’expériences de vie qui ne sont pas strictement nécessaires sur le plan financier mais qui contribuent à un bien-être plus global.

En outre, ce modèle soulève des questions concernant les implications à long terme pour les systèmes sociaux. Si une partie significative de la population choisit de ne pas cotiser aux régimes de retraite classiques, cela pourrait entraîner une diminution des ressources disponibles pour les pensions collectives, fragilisant ainsi les systèmes de sécurité sociale. Le phénomène pourrait également influencer la répartition des richesses dans la société, car ceux qui réussissent à accumuler des sommes importantes peuvent se désengager du système économique traditionnel, ce qui aggrave les inégalités.

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