Aldi réduit sa présence en Suisse : Le géant du discount abandonne ses magasins les plus prestigieux du pays

Aldi ferme plusieurs magasins en Suisse en raison de la hausse des loyers et de la concurrence accrue, réorientant sa stratégie vers des zones moins coûteuses.

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Aldi réduit sa présence en Suisse : Le géant du discount abandonne ses magasins les plus prestigieux du pays : Crédit : FLORIAN CELLA via 24 Heures | Econostrum.info - Suisse

Aldi, le géant du hard discount allemand, traverse une période de réajustement stratégique en Suisse après plus de 20 ans de présence sur le marché. Bien qu’initialement accueillie avec scepticisme, l’enseigne a réussi à s’imposer au fil des années et à étendre son réseau de magasins à travers le pays. 

Cependant, depuis 2025, le nombre de ses points de vente a commencé à diminuer. Si ses principaux concurrents continuent d’expansion de leurs réseaux, Aldi, de son côté, privilégie désormais une croissance plus mesurée

Aldi face à la concurrence et à une stratégie de réduction

Arrivé en Suisse en 2005, Aldi a ouvert ses premières filiales avec un concept de hard discount peu courant dans le pays à l’époque. Au fil des ans, l’enseigne a réussi à s’adapter aux besoins locaux et à séduire une clientèle en quête de prix bas. En 2025, Aldi comptait 247 magasins en Suisse, mais cette dynamique a changé, avec l’annonce de la fermeture de plusieurs points de vente. En janvier 2026, la chaîne a fermée des magasins dans des zones stratégiques telles que le Glattzentrum à Wallisellen, la gare de Baden et le centre-ville de Berne. Ces fermetures s’ajoutent à d’autres à venir, notamment à Wabern, près de Berne, et à Zurich, réduisant le nombre de points de vente à 242 d’ici le printemps 2026. Selon des sources de l’industrie, Aldi prévoit de fermer jusqu’à 16 magasins en Suisse, bien que l’enseigne n’ait pas confirmé ces informations, indique Watson.

La fermeture de ces magasins s’explique en partie par la montée en puissance de ses concurrents, qui poursuivent leurs projets d’expansion. Coop, par exemple, a augmenté le nombre de ses magasins de 12 unités en 2025, et vise l’ouverture de sa 1000ᵉ filiale. De son côté, Migros prévoit l’ouverture de 140 nouvelles filiales d’ici 2029, tandis que Denner, qui fait partie du groupe Migros, aspire également à se développer davantage. Lidl, présent en Suisse depuis 2009, a également intensifié sa présence avec l’ouverture de nouveaux magasins. Aldi, par contre, semble s’éloigner des stratégies d’expansion rigide qu’il avait adoptées précédemment, préférant se concentrer sur des emplacements plus appropriés.

Les raisons sous-jacentes : loyers élevés et modèle en déclin

Les fermetures d’Aldi s’inscrivent dans un contexte de hausse des loyers commerciaux dans des zones stratégiques comme les centres-villes et les gares. Ces sites, souvent utilisés par des enseignes comme Aldi pour attirer une clientèle urbaine, deviennent de plus en plus coûteux. Bien que ces emplacements soient réputés pour leur afflux de consommateurs, la rentabilité des magasins y est moins élevée, notamment à cause des marges plus faibles sur certains produits de consommation rapide. C’est particulièrement le cas pour les produits de marque, comme Red Bull ou Coca-Cola, qui occupent une place plus importante dans les magasins en centre-ville, mais qui génèrent des marges plus faibles.

Le modèle de hard discount d’Aldi repose sur la vente de grandes quantités de produits à prix bas, ce qui est difficile à réaliser dans les zones urbaines chères où la clientèle fait plutôt des achats rapides et moins en volume. De plus, Aldi a tenté de se diversifier dans les centres-villes en ajoutant des produits de marque et des options de consommation rapide, mais ces magasins ont souvent du mal à attirer une clientèle qui préfère des enseignes plus connues comme Coop ou Migros.

L’alignement d’Aldi avec ses racines de discounter est également dû à des décisions stratégiques prises au niveau du groupe. Le siège de Aldi Süd, qui gère l’enseigne en Suisse, a mis en place des programmes d’économies, réduisant les coûts d’exploitation au minimum. Cela a entraîné des suppressions de postes au siège du groupe en Allemagne et une reconsidération des investissements dans des emplacements de plus en plus chers.

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