Primes d’assurance maladie : cette hausse cachée va grignoter le salaire des Suisses en 2026

En 2026, les travailleurs suisses vont être confrontés à une pression financière accrue en raison de l’augmentation des primes d’assurances indemnités journalières maladie.

Publié le
Lecture : 3 min
Prime
Primes d’assurance maladie : cette hausse cachée va grignoter le salaire des Suisses en 2026 : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le marché de l’emploi en Suisse est à un tournant en 2026, avec une nouvelle augmentation des coûts des primes d’assurances indemnités journalières maladie, répercutée sur les salariés. Bien que la prime d’assurance-maladie soit généralement payée par l’employeur, c’est souvent une part importante de cette charge qui est transférée aux employés. 

Cette évolution constitue un fardeau supplémentaire pour les travailleurs suisses, déjà confrontés à une inflation croissante et à une pression économique générale. En 2026, la situation ne fait qu’empirer, et les employés se retrouveront à gagner moins en raison de l’augmentation des primes d’indemnités journalières.

Un fardeau supplémentaire pour les employés : les impacts des hausses de primes sur les salaires

Le salaire médian en Suisse se situe actuellement autour de 7 100 francs par mois, soit environ 92 300 francs par an, incluant le treizième salaire. Pour un tel salaire, l’augmentation de 0,2 point de pourcentage de la prime d’assurance maladie, qui représente la moitié de l’augmentation totale, équivaut à une diminution d’environ 185 francs par an. Bien que ce montant puisse sembler relativement faible à première vue, il s’accumule au fil des mois et représente un impact non négligeable sur le budget des salariés.

Il est important de noter que cette augmentation varie en fonction des branches et des entreprises, car les primes d’assurances sont souvent calculées selon l’évolution des sinistres dans chaque secteur particulier. Les entreprises sont légalement tenues de souscrire à une assurance indemnités journalières en cas de maladie pour leurs employés, afin de couvrir les absences pour maladie. Cependant, contrairement aux assurances accidents, cette couverture n’est pas une obligation légale dans tous les cas. Cela signifie que les employeurs peuvent choisir de ne pas souscrire à une telle assurance, mais cette pratique est de plus en plus courante, car elle permet de limiter l’impact financier des absences pour maladie sur leurs finances.

Cette pression financière s’explique en grande partie par l’augmentation des absences pour maladie dans le pays, une tendance qui touche particulièrement les maladies psychiques et les affections musculo-squelettiques. Selon un porte-parole de Zurich Assurances, ces augmentations sont directement liées à l’augmentation de ces pathologies en Suisse, qui sont responsables de nombreux arrêts de travail prolongés, relate Watson. Ce phénomène a des conséquences directes sur les primes d’assurances, car les assureurs sont confrontés à des coûts de plus en plus élevés liés aux indemnités journalières.

Ces primes ont augmenté de manière continue au cours des dernières années, une tendance qui ne semble pas près de s’arrêter. En janvier 2026, l’assureur Zurich a annoncé une hausse de 0,4 point de pourcentage du salaire brut en raison de l’évolution des sinistres et des difficultés actuelles sur le marché de l’assurance. Bien que cette prime soit théoriquement à la charge de l’employeur, une grande partie de l’augmentation est supportée par les employés, souvent sans que ceux-ci s’en rendent pleinement compte. Bien que l’augmentation puisse paraître modeste sur une fiche de salaire, elle représente une somme importante sur l’ensemble de l’année.

La question du modèle : assurances privées ou couverture sociale étatique ?

Le débat sur le modèle d’assurance indemnités journalières en Suisse est plus pertinent que jamais. Alors que les primes augmentent régulièrement et que les employés subissent la charge financière, certains experts soulignent la nécessité de transformer cette couverture en un système public. Une assurance sociale étatique permettrait de garantir une couverture plus large et plus équitable pour tous les travailleurs, tout en évitant que les salariés n’aient à supporter une partie des coûts de plus en plus élevés des assurances privées. De nombreuses voix s’élèvent en faveur de cette option, soulignant qu’elle pourrait permettre de mieux protéger les travailleurs contre les risques liés aux absences prolongées pour maladie, tout en assurant une couverture financière plus stable.

Toutefois, les assureurs privés s’opposent fermement à cette idée. Ils craignent que la transition vers un système étatique n’entraîne une gestion moins efficace des sinistres et ne conduise à des politiques de suppression de postes déguisées, financées par l’assurance maladie. Par ailleurs, des experts juridiques, comme l’avocat spécialisé Volker Pribnow, notent que les assureurs cherchent souvent à minimiser le nombre de prestations en faisant appel à des expertises médicales, ce qui limite l’accès à certaines indemnités pour les employés malades. Cela soulève des questions sur la gestion actuelle des sinistres et sur l’adéquation du système en place pour répondre aux besoins des travailleurs.

https://twitter.com/Blick_media/status/2009197764761043202

Laisser un commentaire

Share to...