Le marché du travail suisse a continué de se détériorer au début de l’année 2026, avec une nouvelle augmentation du taux de chômage enregistrée en janvier. Le nombre d’inscrits aux offices régionaux de placement (ORP) a franchi la barre des 152’000, marquant une hausse mensuelle de 3,4%.
En parallèle, le taux de chômage a atteint 3,2%, soit une nouvelle progression pour le deuxième mois consécutif. Selon les données publiées par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), cette évolution souligne des difficultés persistantes pour le marché du travail en Suisse, affectant une large tranche de la population active.
Une augmentation généralisée du chômage et du chômage partiel
Les statistiques de janvier 2026 révèlent une augmentation significative du nombre de demandeurs d’emploi inscrits auprès des ORP. En l’espace d’un mois, 152’280 personnes se sont inscrites comme demandeurs d’emploi, soit une hausse de 3,4%. Ce chiffre indique une dégradation continue de la situation sur le marché du travail, avec un taux de chômage atteignant désormais 3,2%, en hausse de 0,1 point de pourcentage par rapport à décembre 2025. Ce taux a également progressé pour le deuxième mois consécutif, une tendance préoccupante pour l’économie suisse.
Le taux de chômage corrigé des variations saisonnières (CVS) a montré une certaine amélioration, enregistrant une baisse de 1 point de pourcentage à 2,9%, mais cela reste insuffisant pour compenser la hausse globale. Toutes les tranches d’âge sont touchées par cette augmentation. En particulier, les jeunes de 15 à 24 ans ont vu leur nombre de demandeurs d’emploi augmenter de 1% pour atteindre 13’785 personnes, avec un taux de chômage pour cette tranche d’âge atteignant 3,2%. De même, la population senior, définie par les 55 ans et plus, a connu une hausse du chômage de 2,9%, avec 42’029 inscrits aux ORP, un chiffre en hausse de 3,4% par rapport au mois précédent.
Outre l’augmentation du nombre de chômeurs, le chômage partiel a également pris de l’ampleur en janvier. Environ 11’607 personnes ont été touchées par des réductions de l’horaire de travail, soit une augmentation de 7,6% par rapport à septembre 2025. Ce phénomène touche un nombre croissant d’entreprises, qui sont désormais 775 à recourir au chômage partiel, soit une hausse de 9,6%. Le chômage partiel, initialement conçu comme une mesure temporaire pour surmonter les périodes de faible activité, devient de plus en plus une solution récurrente pour de nombreuses entreprises confrontées à des incertitudes économiques.
Un marché de l’emploi sous pression et une reprise difficile
Si le nombre de demandeurs d’emploi a connu une forte hausse, il est important de noter que les entreprises suisses rencontrent des difficultés pour pourvoir certains postes. Les données du SECO révèlent une augmentation de 36,1% des postes vacants annoncés aux ORP, atteignant 48’904 postes. Cependant, cette augmentation est en grande partie due aux besoins spécifiques dans certains secteurs d’activité, et le nombre de postes réellement pourvus reste limité. Les postes vacants dans les secteurs les plus touchés par la crise économique sont souvent difficiles à pourvoir en raison de l’adéquation insuffisante des compétences des chômeurs par rapport aux exigences des employeurs.
En parallèle, le nombre de personnes ayant épuisé leurs droits à l’assurance chômage a diminué en novembre 2025, avec 2’832 personnes ayant vu leur allocation de chômage expirer, une baisse de 12,7% par rapport au mois précédent. Ce chiffre indique que certaines personnes, après avoir épuisé leurs droits, sont contraintes de chercher d’autres sources de revenus ou de quitter le marché du travail.
Cette combinaison de chômage en hausse et de difficultés dans l’accès à des postes vacants met en évidence une situation complexe pour l’économie suisse. Si la situation immédiate n’a pas encore atteint des niveaux de crise, elle indique une reprise économique plus lente que prévu et une fragilisation croissante du marché du travail, notamment pour les jeunes et les seniors.








