Licenciements massifs dans les banques suisses : la crise touche maintenant les cadres supérieurs

La fusion UBS-Credit Suisse a conduit à un nombre record de licenciements dans le secteur bancaire suisse, exacerbant la concurrence sur le marché de l’emploi pour les banquiers.

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Licenciements massifs dans les banques suisses : la crise touche maintenant les cadres supérieurs : Crédit : Fabrice Coffrini (AFP) | Econostrum.info - Suisse

Le chômage dans le secteur bancaire suisse a atteint des niveaux records, avec un taux de 4,4 % des employés du secteur bancaire inscrits comme demandeurs d’emploi, bien au-dessus de la moyenne nationale de 3,1 %. Cette augmentation est particulièrement marquée à Zurich, où le chômage a augmenté de 23,8 % par rapport à l’année précédente. 

Cette situation résulte principalement des restructurations internes liées à la fusion entre UBS et Credit Suisse, mais aussi des tendances économiques globales qui secouent le secteur financier. Alors que l’automatisation et l’intelligence artificielle prennent le relais dans de nombreuses fonctions, les banquiers expérimentés se retrouvent de plus en plus confrontés à des licenciements massifs, notamment dans les secteurs du marketing, des services administratifs et de la gestion.

L’impact des restructurations UBS-Credit Suisse sur l’emploi bancaire

En Suisse, le marché de l’emploi dans le secteur bancaire connaît des bouleversements importants. Le nombre d’inscriptions au chômage dans ce secteur continue d’augmenter, et les répercussions se font sentir au-delà des seules banques de taille internationale. Ce phénomène n’est pas isolé, mais fait partie d’une transformation plus large qui touche l’ensemble de l’industrie financière, entraînant une vague de licenciements qui devrait se poursuivre jusqu’en 2027, avec des conséquences durables sur la main-d’œuvre bancaire suisse.

L’un des principaux facteurs à l’origine de la hausse du chômage bancaire en Suisse est la fusion entre UBS et Credit Suisse, qui a entraîné des suppressions massives d’emplois. La fusion, finalisée en 2023, a conduit à des réductions d’effectifs de plusieurs milliers de postes au sein des deux institutions. Ce processus de rationalisation, visant à optimiser les coûts et la productivité, a eu des répercussions profondes sur les employés, notamment les plus anciens et ceux occupés à des fonctions administratives ou de gestion.

Selon des sources internes, environ 3 000 emplois devraient être supprimés en Suisse dans les années à venir dans le cadre de cette fusion, indique Blick. Bien que UBS ait investi des centaines de millions de francs suisses pour garantir des départs équitables et offrir des indemnités de départ ou des départs anticipés à la retraite, la réalité pour beaucoup d’employés est bien plus difficile. L’absence de perspectives d’emploi pour certains et la difficulté à trouver un poste comparable dans un marché du travail en contraction ajoutent à la pression subie par ces travailleurs.

Le chômage dans le secteur bancaire n’est pas limité à UBS et Credit Suisse. Des banques plus petites, comme Bär et Vontobel, ont également engagé des efforts de réduction des effectifs, mais de manière plus discrète. Ces suppressions de postes n’ont pas toujours été publiées, mais des sources internes confirment qu’elles touchent également des secteurs comme le private banking et l’asset management. Les banques cantonales, bien qu’elles recrutent activement dans certains domaines, ne sont pas exemptes de cette tendance générale à la réduction des effectifs.

Une compétitivité accrue : Les banquiers doivent se réinventer

Avec une forte concurrence pour les postes dans le secteur bancaire, surtout à Zurich, le marché du travail pour les anciens banquiers est devenu extrêmement compétitif. Ceux qui perdent leur emploi dans ce secteur sont confrontés à un défi majeur : trouver un emploi à la hauteur de leur expérience tout en s’adaptant à un marché du travail en pleine transformation. Les candidats âgés de plus de 50 ans, notamment ceux ayant occupé des postes à responsabilités pendant plusieurs années, ont particulièrement du mal à se réinsérer dans un environnement où les compétences technologiques et l’automatisation sont devenues primordiales.

L’impact sur les salaires est également significatif. De nombreux anciens employés d’UBS qui ont trouvé un emploi dans une banque privée ou régionale ont dû accepter une réduction de salaire de 20 à 30 % par rapport à leurs anciennes rémunérations. La transition de banques de premier plan comme UBS à des institutions plus petites a un coût, et ce coût est supporté par les employés. La comparaison est frappante, comme le souligne un employé : « C’est comme passer d’une berline de luxe à une voiture de gamme moyenne ». Les avantages offerts par les grandes banques suisses, tels que le congé paternité prolongé, les six semaines de congés payés, et une retraite avantageuse, sont difficilement trouvables ailleurs.

Malgré cette pression, il existe des opportunités pour les talents les plus qualifiés, notamment dans les domaines du wealth management, de l’asset management, et du private banking, où la demande reste forte. Les candidats disposant de compétences spécialisées et d’un track record positif dans ces secteurs sont très recherchés, mais la compétition reste rude. En conséquence, de nombreux banquiers expérimentés doivent non seulement rechercher un nouvel emploi, mais aussi se réinventer pour répondre aux nouvelles exigences du marché.

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