Le marché de l’emploi suisse, après le boom lié à la pandémie de Covid-19, connaît de nombreux changements. Alors que certains secteurs connaissent un ralentissement de la demande, d’autres, comme l’immobilier et la santé, continuent d’afficher une croissance impressionnante.
Selon les experts, la tendance des dernières années montre des fluctuations importantes, avec des baisses notables dans des domaines comme l’informatique et le marketing, mais aussi des opportunités croissantes dans les secteurs démographiques, l’éducation et l’accompagnement social.
Les secteurs en plein essor : santé, immobilier et éducation
Parmi les secteurs qui connaissent la plus grande demande, la santé se distingue avec une croissance continue, alimentée par le vieillissement de la population. En 2025, plus de 12 100 médecins sont recherchés dans toute la Suisse. Cette demande devrait s’intensifier dans les années à venir, car une grande partie des médecins actuels approchent de la retraite, et l’augmentation de la population ne fait qu’aggraver la situation. Le secteur a connu l’ajout d’environ 120 000 nouveaux emplois au cours des dix dernières années, selon le professeur Michael Siegenthaler de l’EPFZ. Ce phénomène est particulièrement visible dans les cantons de Suisse romande et les grandes agglomérations, où la pénurie de professionnels de santé devient un défi majeur.
L’immobilier, quant à lui, continue d’être un secteur porteur, indique Watson. En 2022, un pic avait déjà été enregistré avec 2740 vendeurs immobiliers recherchés. En 2025, ce chiffre atteint 4600 postes, un bond considérable qui reflète l’augmentation de la population et la pénurie de logements dans plusieurs régions de Suisse. Les courtiers immobiliers jouent un rôle clé, en particulier dans les zones urbaines où la demande de biens est élevée. Ruedi Tanner, président de la Chambre suisse des courtiers, confirme que la demande reste forte chez les acheteurs potentiels, et de plus en plus de vendeurs font appel à des courtiers pour les accompagner dans le processus de vente.
Le secteur de l’éducation est également en plein essor, avec une augmentation de 64% des postes d’enseignants par rapport à 2022. Le marché de l’emploi dans l’éducation, notamment pour les enseignants de la maternelle, du primaire et des collèges, continue de croître, alimenté par des réformes éducatives et l’augmentation de la population scolaire.
Les métiers en déclin : l’impact de l’IA et des économies post-Covid
En revanche, certains secteurs connaissent un déclin, surtout ceux qui étaient en forte demande pendant la pandémie. Le secteur de l’informatique est l’un des plus touchés, avec une diminution de 65% des offres d’emploi depuis 2022. Le développement de logiciels, par exemple, a chuté de 61%, et les spécialistes des bases de données ont vu leurs opportunités diminuer de 44%. Michael Siegenthaler attribue cette baisse à plusieurs facteurs, notamment le fait que de nombreux projets informatiques ont été retardés ou annulés dans un contexte économique plus incertain. De plus, l’intelligence artificielle (IA) a commencé à prendre en charge des tâches qui étaient auparavant réalisées par des programmeurs humains, réduisant ainsi la demande pour ces profils.
Les secteurs de la communication, du marketing et des services financiers connaissent également une baisse de la demande. L’effet de la crise économique post-Covid se fait ressentir, car les entreprises et les particuliers commencent à économiser, ce qui touche directement les budgets alloués aux campagnes marketing et aux projets technologiques. En conséquence, ces secteurs subissent une pression, avec une réduction des offres d’emploi dans des domaines comme le marketing digital, la gestion de campagnes publicitaires et la gestion des investissements.
De plus, un autre facteur influençant ces baisses est la pression accrue de l’IA. Dans des secteurs comme la rédaction, la recherche et l’analyse de données, l’IA commence à remplacer des tâches autrefois effectuées par des humains. Cela contribue à réduire la nécessité de certaines professions et à modifier les compétences demandées sur le marché du travail.








