Le Conseil fédéral suisse a lancé un débat majeur sur une possible hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), principalement pour financer l’armée et, potentiellement, la 13e rente AVS. Bien que l’idée d’augmenter la TVA puisse paraître simple sur le papier, les répercussions pour les consommateurs pourraient être plus importantes que ce que l’on imagine.
Pour mieux comprendre l’impact concret sur les familles, Blick a calculé les effets de cette augmentation sur différents postes de consommation. Si le projet est adopté, cette hausse pourrait affecter le budget des ménages suisses, en particulier ceux qui dépendent des produits du quotidien.
L’impact sur les courses hebdomadaires : une hausse presque imperceptible, mais cumulée
À partir de 2028, si la TVA est relevée de 0,8 point pour financer la défense et de 0,5 point pour l’AVS, le taux normal passerait à 9,4 %, tandis que le taux réduit pour les produits alimentaires serait porté à 3 %. Une augmentation qui semble modeste, mais qui pourrait se répercuter sur chaque achat, petit ou grand.
Blick a pris l’exemple d’un panier de courses hebdomadaire pour une famille type avec deux enfants. Actuellement, ce panier coûte 161,60 francs, incluant à la fois des produits alimentaires soumis au taux réduit de TVA et des articles de consommation courante soumis au taux normal. Si la TVA augmente comme prévu, le coût total du panier passerait à 162,40 francs, soit une augmentation d’environ 80 centimes. Bien que cette hausse soit modeste sur un seul achat, elle pourrait s’accumuler au fil du temps, impactant ainsi les dépenses mensuelles ou annuelles des familles.
L’impact est faible sur les produits à l’unité, mais devient plus visible pour certains articles. Par exemple, 250 grammes de beurre passeraient de 3,95 francs à 3,97 francs, et six litres de lait de 9,90 francs à 9,94 francs. La différence est minime sur chaque produit, mais cumulée, elle pourrait affecter le budget des ménages. Cependant, les détaillants ajustent généralement leurs prix en fonction des coûts, ce qui pourrait atténuer l’effet de la hausse de la TVA. Selon les experts, les commerçants prennent souvent en compte des « prix psychologiques », en ajustant les prix de manière à ce qu’ils restent attrayants pour les consommateurs, même si la TVA augmente. Par exemple, un produit à 9,95 francs aura un impact psychologique plus fort qu’un produit à 10 francs. En outre, les clients peuvent être enclins à changer de magasin si les prix sont trop élevés, ce qui pousse les commerçants à maintenir des prix compétitifs malgré la hausse de la TVA.
Autres secteurs affectés : loisirs, shopping et vacances en Suisse
L’augmentation de la TVA serait plus visible dans d’autres secteurs comme les loisirs, les achats non alimentaires ou les vacances. Par exemple, une famille qui combine ses courses hebdomadaires avec une virée shopping pour des vêtements, une raquette de tennis et un jouet verrait son total augmenter de près de 3 francs, passant de 189,75 francs à 192,03 francs. Une augmentation qui pourrait sembler négligeable sur un seul achat, mais qui affecterait le pouvoir d’achat des familles au fur et à mesure des semaines.
Pour les loisirs, l’impact est également perceptible. Un billet de cinéma, actuellement soumis à un taux de TVA réduit, pourrait voir son prix augmenter légèrement. Cependant, les prix des autres services comme les coiffeurs ou l’essence pourraient grimper davantage. Par exemple, faire le plein d’essence coûterait 101,20 francs au lieu de 100 francs, tandis qu’une coupe de cheveux augmenterait de 75 centimes. Pour les vacances en Suisse, l’impact serait également visible. Le taux de TVA appliqué aux hôtels passerait de 3,8 % à 4,4 %, ajoutant ainsi environ 9 francs supplémentaires au coût d’un séjour de 1 611 francs pour une famille.








