Après des années de turbulence économique, la Suisse commence 2026 sur une note positive avec des perspectives d’emploi nettement meilleures. Le Centre d’études conjoncturelles KOF vient de livrer une analyse qui, pour beaucoup, est synonyme de bonne nouvelle : le marché du travail suisse est en plein redressement.
Ce rebond, bien qu’encore fragile dans certains secteurs, est porteur d’espoir pour les mois à venir. Une embellie que les économistes attribuent, en partie, à la déclaration d’intention sur un accord douanier entre la Suisse et les États-Unis, annoncé en novembre dernier. Mais au-delà des accords internationaux, c’est le travail de fond dans certains secteurs qui commence enfin à payer.
La construction, moteur de la reprise : des chiffres qui donnent le sourire
L’indicateur global de l’emploi du KOF a gagné 1,1 point, atteignant 2,4 points, et les perspectives sont encore meilleures, a constaté le Centre d’études conjoncturelles dans son dernier communiqué. Les économistes parlent d’un bond des perspectives d’emploi, avec un gain de 2 points, soit un total de 3,3 points. C’est une vraie bouffée d’air frais pour un marché de l’emploi qui avait été un peu à l’étroit ces dernières années. Mais attention, cette reprise ne concerne pas tous les secteurs de la même manière, et certains continuent de trainer un peu la patte.
Là où la situation s’améliore de façon spectaculaire, c’est dans le secteur de la construction. Ce secteur clé pour l’économie suisse a vu son indicateur grimper de 9,5 à 10,6 points. Pourquoi ce boom ? C’est simple : la construction reste un pilier solide, porté par une demande soutenue en logement, mais aussi par des investissements publics dans les infrastructures. Le secteur résidentiel, les projets d’aménagement urbain et la rénovation des bâtiments publics sont en plein essor. Il y a des chantiers partout, et ça se traduit directement par de l’emploi.
La bonne nouvelle pour le marché de l’emploi suisse, c’est que la construction n’a pas seulement besoin de plus de travailleurs, elle offre aussi une grande variété de postes, allant des ouvriers aux ingénieurs, en passant par les architectes et les métiers spécialisés. Cela permet à de nombreuses personnes d’intégrer le marché du travail, particulièrement celles qui ont quitté d’autres secteurs ou qui cherchent à se requalifier. Bref, la construction est véritablement le secteur moteur de cette reprise, et la demande ne semble pas prête de s’essouffler.
Des secteurs plus difficiles : commerce de gros, de détail et industrie manufacturière
Cependant, si la construction s’envole, d’autres secteurs restent coincés dans une phase moins dynamique. Le commerce de gros, par exemple, continue de se heurter à de grosses difficultés. L’indicateur pour ce secteur a chuté de 11,1 points, un vrai coup de frein. Le commerce de détail n’est pas dans une situation beaucoup plus enviable, avec une baisse de 3,1 points. Les raisons ? La hausse des prix, des coûts d’approvisionnement toujours élevés, sans oublier la pression de la concurrence internationale et la transition numérique qui chamboule les habitudes de consommation. Le commerce se transforme, et cette transformation semble difficile pour certaines entreprises.
Dans le même temps, l’industrie manufacturière, longtemps en crise, commence à voir des signes d’amélioration, mais l’espoir reste modéré. L’indicateur du secteur a remonté de -11,5 à -7,0 points, ce qui montre une légère amélioration mais reste insuffisant pour parler de véritable reprise. C’est un secteur qui a du mal à se réinventer et à sortir de l’ombre des crises passées. Bien que la situation se stabilise, l’industrie manufacturière devra encore ajuster ses modèles économiques, innover et trouver des solutions face à une concurrence mondiale féroce.








