Depuis son introduction en 2020, le salaire minimum à Genève a fait des vagues, et pas des petites ! Si l’objectif était de donner un coup de pouce aux moins payés, les résultats sont au rendez-vous. En particulier pour deux groupes de travailleurs qui ont bien profité de la mesure.
Mais attention, malgré cette avancée, la route reste semée d’embûches. Après deux ans, il reste encore des zones d’ombre, avec des secteurs où le respect du salaire minimum est loin d’être une réalité.
Les grandes gagnantes : les femmes et les jeunes
Tout d’abord, un petit coup de chapeau aux femmes et aux jeunes de moins de 25 ans, qui sont les principaux bénéficiaires de cette mesure. Avant l’introduction du salaire minimum en 2020, plus de 10 % des femmes étaient rémunérées en dessous du seuil légal, contre seulement 5 % des hommes. C’était déjà un déséquilibre assez lourd. Mais aujourd’hui, deux ans plus tard, ce chiffre a été réduit de manière impressionnante : seulement 5,3 % des femmes et 3 % des hommes sont toujours sous le seuil. Une belle victoire pour les femmes, même si des progrès restent à faire.
Côté jeunes, l’impact est encore plus marquant. En 2020, près de 22 % des moins de 25 ans étaient payés sous le salaire minimum. Aujourd’hui, ce chiffre a chuté à 9,5 % ! C’est plus qu’une simple amélioration : c’est un vrai changement pour toute une génération. Les jeunes qui, jusque-là, avaient du mal à boucler leurs fins de mois, peuvent désormais compter sur un salaire digne de ce nom.
Les travailleurs étrangers, notamment ceux avec des permis B et C, ont eux aussi vu leurs conditions salariales s’améliorer. En 2020, presque 16 % des titulaires de permis B et plus de 11 % de ceux avec un permis C étaient sous le seuil. En 2022, ces chiffres sont descendus respectivement à 8,8 % et 6,2 %. Bref, ce sont surtout les employés peu qualifiés et ceux effectuant des tâches physiques qui en ont le plus bénéficié.
Mais le respect du salaire minimum, encore un combat à mener
Malgré ces progrès, tout n’est pas parfait. En octobre 2022, encore 4 % des travailleurs du secteur privé étaient rémunérés sous le salaire minimum, indique 20Minutes. Certes, c’est mieux qu’en 2020 (où 7,4 % des employés étaient sous le seuil), mais ça reste trop. Et là où ça fait mal, c’est que les secteurs comme l’hôtellerie, la restauration, la coiffure et le nettoyage sont encore des points chauds, avec des entreprises qui ne respectent pas toujours la législation. Ces secteurs, souvent régis par des conventions collectives de travail, n’ont pas toujours adopté le salaire minimum genevois, créant ainsi une inégalité.
Alors, que fait le canton pour corriger cela ? L’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail (Ocirt) a renforcé ses contrôles. Christina Stoll, la directrice, a indiqué que les inspecteurs se concentreront davantage sur ces secteurs où les violations sont les plus fréquentes. Si le respect de la loi reste un défi, au moins des efforts sont faits pour traquer ceux qui essaient de contourner les règles.
Une autre inquiétude concerne ce qu’on appelle les « effets de débordement ». En d’autres termes, lorsque les salaires des plus bas sont augmentés, les employeurs peuvent ressentir la pression de revaloriser aussi les autres salaires pour maintenir une hiérarchie salariale. Et là, c’est toute une question économique qui se pose : cela pourrait-il entraîner une inflation des salaires qui aurait des effets négatifs sur l’économie ? Pour l’instant, les données ne permettent pas de trancher, mais il faudra suivre de près l’évolution.








