Les communes doivent faire payer plus d’impôts aux contribuables : comment les super-riches font exploser les finances locales en Suisse ?

Plusieurs communes suisses dépendent des impôts de super-riches, dont le départ peut fragiliser gravement les finances locales.

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Les communes doivent faire payer plus d'impôts aux contribuables : comment les super-riches font exploser les finances locales en Suisse ? : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

En Suisse, plusieurs petites communes dépendent fortement des impôts payés par quelques individus ou familles extrêmement fortunés. Le départ d’un seul contribuable peut provoquer un déséquilibre budgétaire majeur et contraindre les communes à augmenter leurs taux d’imposition. 

Meisterschwanden, dans le canton d’Argovie, illustre bien cette vulnérabilité : après le départ de la famille Hayek, propriétaire de Swatch, la commune a envisagé de relever son taux d’imposition de 60 à 70 %. Cette situation met en lumière les risques liés à un modèle fiscal reposant sur un petit nombre de super-riches, dont les mouvements influencent directement l’économie locale.

Des communes aux finances dépendantes de quelques fortunes

Certaines communes suisses sont directement influencées par la présence ou l’absence de super-riches. À Meisterschwanden, le départ de Nick Hayek, CEO de Swatch, et de sa sœur Nayla Hayek, a créé un vide financier menaçant le budget local. La réaction prévue consistait à augmenter le taux d’imposition, mais un référendum organisé par un comité de l’UDC permettra aux citoyens de décider le 8 mars prochain si cette hausse sera adoptée.

D’autres communes illustrent la même dépendance. Crésuz, dans le canton de Fribourg, compte près de 500 habitants et a accueilli l’ancien patron de Nestlé, Paul Bulcke. Sa présence a contribué à une hausse spectaculaire des recettes fiscales : en 2017, chaque habitant a payé en moyenne 18’638 francs, soit plus de 10’000 francs de plus que l’année précédente. Ce bond est en partie lié à la transformation de plusieurs résidences secondaires en résidences principales.

Lüterkofen-Ichertswil, dans le canton de Soleure, a également connu des fluctuations fiscales importantes en raison de l’arrivée de Hugo Mathys, patron de l’entreprise de technique médicale éponyme. En 2004, la commune a pu abaisser son taux d’imposition de 115 % à 85 % grâce aux contributions financières de cet entrepreneur. Quelques années plus tard, de nouveaux besoins, notamment le financement des soins, ont contraint la commune à relever à nouveau ses impôts.

À Warth-Weiningen, dans le canton de Thurgovie, le patron de Stadler, Peter Spuhler, offre à la commune le taux d’imposition le plus bas de tout le canton, indique Blick. Ce modèle fiscal basé sur une seule fortune illustre comment un contribuable peut influencer directement la politique fiscale locale.

Les fortunes exceptionnelles concentrées dans certaines communes

Rüschlikon, dans le canton de Zurich, a enregistré un bond spectaculaire de sa capacité fiscale en 2024, avec une augmentation de près de 40 % pour atteindre 19’724 francs par habitant. Cette hausse est attribuée à une seule personne, supposément Ivan Glasenberg, ex-CEO de Glencore, qui a perçu 500 millions de francs de dividendes en 2023. Ce phénomène montre que la présence de super-riches peut faire basculer le classement fiscal d’une commune et modifier drastiquement sa capacité financière.

Hergiswil, dans le canton de Nidwald, concentre quant à elle 59 multimillionnaires pour une population d’environ 6000 habitants. Parmi eux figurent Michael Pieper, des membres des familles du groupe Schindler et Bonnard, ainsi que Silvio Denz, CEO de Lalique. D’autres communes comme Freienbach, Schindellegi, Meggen ou Wollerau sont également réputées pour leur concentration exceptionnelle de grandes fortunes. Cette présence massive de super-riches garantit des recettes fiscales importantes, mais crée une dépendance qui peut fragiliser les budgets si ces contribuables partent.

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