Le 28 janvier 2026, le Conseil d’État d’un canton suisse a annoncé une réduction de 50 francs par mois pour les bénéficiaires de l’aide sociale, affectant particulièrement le forfait d’intégration destiné aux adultes. Cette décision intervient dans un contexte de pression accrue sur les finances publiques du canton.
Si le gouvernement défend cette mesure comme un choix nécessaire pour maîtriser les dépenses, elle a suscité une vive opposition, notamment de la part des syndicats et de certains élus. Alors que certains saluent l’effort d’économie, d’autres dénoncent un abandon des plus précaires, créant une forte tension politique et sociale.
Une réduction de 50 francs : un choix nécessaire ou une injustice sociale ?
Le forfait d’intégration, qui constitue une part importante des allocations pour les adultes bénéficiaires de l’aide sociale à Genève, passe ainsi de 225 francs à 175 francs par mois. Cette réduction a immédiatement attiré l’attention de nombreux acteurs politiques et sociaux, qui estiment que cette somme peut faire une grande différence pour les personnes les plus vulnérables. La décision du gouvernement s’inscrit dans un effort de réduction des dépenses publiques, une démarche qui fait écho aux difficultés budgétaires du canton.
L’État justifie cette réduction en soulignant la pression financière croissante, notamment les charges liées aux subsides d’assurance maladie. Cependant, cette mesure, qui vise à contenir les dépenses publiques, est loin d’être unanime. Pour certains, la baisse de ces 50 francs constitue une attaque directe contre les personnes en difficulté, celles qui dépendent le plus du soutien de l’État pour subvenir à leurs besoins essentiels. Le syndicat SSP a exprimé sa forte désapprobation, jugeant que le gouvernement a franchi un nouveau seuil dans son « mépris des personnes en difficulté » en choisissant de réduire les allocations des plus précaires tout en accordant des baisses d’impôts aux plus riches, indique 20Minutes.
Léna Strasser, députée socialiste à la Commission des affaires sociales, a réagi en affirmant que cette réduction allait directement nuire aux plus précaires du canton, une population déjà sous pression. Selon elle, une baisse de 50 francs sur un budget aussi restreint a des conséquences dramatiques pour les bénéficiaires de l’aide sociale, d’autant plus que ces derniers doivent souvent jongler avec des ressources limitées pour couvrir des besoins de base. Ana Roch, députée MCG, a également exprimé sa surprise et sa déception, soulignant que si des économies étaient nécessaires, il existait probablement d’autres domaines à explorer avant de toucher aux plus vulnérables.
La réaction des élus : un débat sur la répartition des sacrifices
La question de la répartition des sacrifices fait l’objet d’un vif débat au sein du gouvernement et du Parlement genevois. Si certains, comme la députée PLR Natacha Buffet-Desfayes, saluent la décision du Conseil d’État de prendre des mesures pour contenir les charges, elle reconnaît que cette coupe de 50 francs est difficile à accepter, en particulier pour les bénéficiaires de l’aide sociale. Pour elle, l’augmentation des charges contraintes, notamment les dépenses liées à l’assurance maladie, justifie des ajustements, mais ces ajustements doivent être équitables et viser tous les secteurs. Cependant, elle estime que la situation actuelle exige des réformes plus larges, telles que la révision de la loi sur l’aide sociale.
Un des points de friction majeur réside dans la gestion des aides circonstancielles, telles que les forfaits pour les frais de lunettes ou d’allergies alimentaires. Natacha Buffet-Desfayes préconise une révision de ces aides, suggérant que le système pourrait se concentrer sur le remboursement des frais réels, plutôt que d’offrir des forfaits fixes, qui, selon elle, ne sont pas toujours bien adaptés aux besoins réels des bénéficiaires. Elle met également en avant l’importance de renforcer les programmes d’insertion pour les jeunes, afin de favoriser leur autonomie et réduire la dépendance à l’aide sociale.
Le gouvernement genevois se défend en soulignant que cette réduction fait partie d’une série de choix difficiles pour maintenir l’équilibre budgétaire du canton. Mais la question reste posée : est-ce à dire que les plus précaires doivent payer le prix des ajustements économiques nécessaires ? L’impact de cette décision pourrait avoir des répercussions à long terme sur la perception de la solidarité sociale dans le canton de Genève.








