La Suisse a versé près de 49 milliards de francs de subventions en 2025, à qui va réellement cet argent ?

En 2025, la Suisse a versé 49 milliards de francs en subventions fédérales, mais la question de leur efficacité et de leur gestion demeure un défi majeur pour le pays.

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La Suisse a versé près de 49 milliards de francs de subventions en 2025, à qui va réellement cet argent ? : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

En 2025, la Confédération suisse a versé un total de 48,6 milliards de francs en subventions. Une somme qui marque une nouvelle étape dans l’engagement de l’État à soutenir des secteurs stratégiques de son économie et à maintenir des services publics de qualité. 

Cette augmentation des subventions s’inscrit dans un contexte de gestion budgétaire complexe, où la Confédération tente de répondre à des besoins croissants tout en équilibrant ses finances. Ces subventions ont eu un impact significatif sur divers domaines, allant de l’infrastructure publique à la recherche en passant par les aides sociales, mais leur gestion continue de soulever des questions sur leur efficacité et leur transparence.

Une augmentation des subventions malgré les efforts d’économies

L’année 2025 a vu une hausse significative des subventions fédérales, qui représentent désormais un montant total de 48,6 milliards de francs, soit 9 milliards de plus qu’en 2015, une fois corrigé de l’inflation. Cette tendance à la hausse des subventions a été constatée malgré les efforts de réduction des dépenses publiques, un phénomène qui témoigne de l’importance croissante de ces aides dans le soutien à divers secteurs. Le montant alloué représente une proportion importante du budget fédéral, et cette augmentation est prévue pour continuer, avec une croissance estimée à 2,6 milliards supplémentaires d’ici 2028.

Au total, 20’641 bénéficiaires de subventions ont été recensés, dont une grande majorité (82 %) sont des entités publiques ou majoritairement détenues par l’État. Cela inclut des bénéficiaires comme des cantons, des universités, des entreprises publiques, telles que les CFF (Chemins de fer fédéraux), ou encore des services tels que les remontées mécaniques. Ces subventions sont principalement utilisées pour financer des projets d’infrastructure, des recherches académiques, ainsi que pour soutenir des initiatives sociales, notamment dans les domaines de l’agriculture et de l’aide aux réfugiés. Cependant, une part significative de ces subventions a également été versée à des entités privées, avec 14’867 bénéficiaires privés, comprenant des sociétés anonymes et des associations. 

Les CFF ont reçu les plus grandes subventions, mais c’est l’EPFZ (École polytechnique fédérale de Zurich) qui a reçu le plus grand nombre de versements, avec 175 paiements effectués au total, selon la RTS. Ces chiffres illustrent l’importance de soutenir non seulement les infrastructures publiques de grande envergure mais aussi la recherche, qui joue un rôle clé dans la compétitivité du pays. Ces subventions ont été allouées principalement à des sociétés anonymes et à des associations, ce qui soulève des interrogations sur la manière dont ces fonds sont distribués, et s’ils sont utilisés de manière optimale pour répondre aux défis économiques et sociaux actuels.

Transparence et efficacité des subventions : une question politique

Malgré cette forte augmentation des subventions fédérales, la gestion de ces fonds n’est pas sans controverse. En effet, la question de la transparence et de l’efficacité des subventions est au cœur des débats politiques en Suisse. Environ trois quarts de ces subventions ont été versées à dix bénéficiaires principaux, incluant des institutions comme l’AVS, le Fonds d’infrastructure ferroviaire, ainsi que des programmes dans l’agriculture et l’asile. Cependant, des experts et des politiciens pointent du doigt l’absence de registre public des bénéficiaires et l’opacité autour de certains transferts, qui sont jugés insuffisamment contrôlés. Cette situation soulève la question de savoir si une surveillance plus stricte de ces fonds publics est nécessaire pour garantir leur efficacité et éviter des abus.

Le rapport de l’Institut de politique économique de l’Université de Lucerne (IWP) soulève également la question de l’existence d’un droit de regard public sur les subventions et recommande la création d’un registre public des bénéficiaires. Une telle initiative permettrait non seulement de mieux comprendre l’utilisation des fonds publics mais aussi de s’assurer que ces subventions sont allouées de manière efficace et transparente. D’autres experts estiment que l’efficacité des subventions pourrait être renforcée en ciblant mieux les secteurs les plus vulnérables et en réduisant les distorsions de marché créées par des aides excessives à certaines entreprises. 

Dans le cadre du paquet d’allègement budgétaire actuellement en traitement au Parlement, des propositions ont été formulées pour réduire certaines subventions. Le Conseil des États, qui a examiné le projet, souhaite toutefois procéder à une réduction plus modérée que celle proposée par le Conseil fédéral, notamment dans des programmes comme Bâtiments ou le Fonds d’infrastructure ferroviaire. Cette divergence entre les deux chambres met en lumière les tensions sur la manière d’allouer les subventions sans compromettre les projets stratégiques du pays.

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