En 2024, un projet ambitieux de réforme des retraites professionnelles a été rejeté par une majorité d’électeurs suisses, avec un refus de 67 %. La principale raison de cet échec résidait dans la proposition de réduction du taux de conversion des caisses de pension, une mesure jugée trop contraignante par la population.
Cependant, après cette défaite cuisante, les partis bourgeois, notamment l’Union démocratique du centre (UDC), tentent à nouveau leur chance avec une approche plus progressive et ciblée. En effet, la commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national a récemment adopté une nouvelle série d’interventions qui visent à réformer les aspects clés du système de prévoyance professionnelle (LPP), notamment les taux de cotisation et les modalités d’épargne retraite.
Une réforme partielle pour ajuster les cotisations et rendre les seniors plus compétitifs
La réforme actuelle des retraites se concentre principalement sur la modification des taux de cotisation, qui varient actuellement en fonction de l’âge des travailleurs. Actuellement, quatre taux différents sont appliqués : 7 % pour les 25-34 ans, 10 % pour les 35-44 ans, 15 % pour les 45-54 ans et 18 % pour les plus de 55 ans. La réforme proposée prévoit de simplifier ce système en ne maintenant que deux taux, bien que les chiffres exacts ne soient pas encore fixés. L’idée est de rendre les travailleurs âgés moins coûteux pour les employeurs, afin de les rendre plus attractifs sur le marché du travail, explique Blick. Cette approche vise à réduire les barrières pour les entreprises souhaitant employer des salariés plus âgés, une mesure jugée nécessaire pour faire face aux défis démographiques du pays.
La simplification des taux de cotisation répond à un objectif précis : réduire les charges sociales des employeurs tout en maintenant l’équilibre des finances des caisses de pension. La mesure devrait également permettre d’augmenter la compétitivité du marché du travail suisse, notamment en facilitant l’embauche des travailleurs seniors, dont l’employabilité a tendance à se réduire avec l’âge. Si cette initiative pourrait bénéficier à certains travailleurs en fin de carrière, elle risque néanmoins d’entraîner une baisse du montant des rentes perçues à la retraite, notamment pour ceux qui cotisent moins en raison de ces nouveaux taux.
L’épargne retraite dès 20 ans : une proposition pour renforcer le deuxième pilier
Autre changement majeur proposé par la commission : l’introduction de l’épargne retraite dès 20 ans, au lieu de 25 ans comme c’est le cas actuellement. Cette mesure, inspirée du système de l’AVS, permettrait aux jeunes actifs de commencer à épargner plus tôt pour leur retraite. L’objectif est de constituer un capital retraite plus important, leur permettant de bénéficier de rentes plus élevées à l’avenir. Bien que cette idée ait déjà été abordée lors de la précédente réforme, elle n’avait pas trouvé d’écho favorable auprès du Conseil des États, qui avait rejeté cette mesure en raison des craintes liées à l’impact sur les jeunes générations.
Pour les partisans de cette mesure, le démarrage précoce de l’épargne retraite est essentiel pour compenser l’allongement de la durée de vie et le vieillissement de la population. En permettant aux jeunes de commencer à épargner plus tôt, le système devrait mieux préparer les générations futures à une retraite confortable, tout en réduisant la pression sur le système de prévoyance en augmentant les cotisations globales au fil du temps. Toutefois, les opposants estiment que cette réforme pourrait entraîner une pression supplémentaire sur les jeunes travailleurs, qui seraient contraints de cotiser plus tôt sans en percevoir immédiatement les bénéfices.
Le PLR et l’analyse des effets à long terme
Regine Sauter, présidente de la commission et conseillère nationale du PLR, a souligné la nécessité de réformer le système de prévoyance professionnelle pour garantir des pensions plus élevées tout en évitant d’augmenter indéfiniment les cotisations. « Nous devons nous attaquer au taux de conversion, qui demeure excessif », a-t-elle indiqué. Le taux de conversion, qui détermine le montant des rentes à la retraite, reste un point de friction entre les partis de droite et de gauche. Selon Sauter, il est essentiel d’ajuster ce taux pour garantir la durabilité du système tout en offrant une meilleure protection aux générations futures.
Thomas Aeschi, chef du groupe parlementaire de l’UDC, a ajouté que si les taux de cotisation étaient réduits pour les travailleurs âgés, une compensation serait nécessaire pour éviter que ces réformes n’entraînent une réduction trop importante des pensions. « D’un point de vue purement mathématique, il faudra une certaine compensation pour une génération de transition », a-t-il précisé. Cette question de la compensation suscite un vif débat, car il est crucial de s’assurer que les réformes ne pénalisent pas les générations actuelles et futures de retraités.








