Des millions d’indemnités non versées et des chômeurs qui perdent leur logement à cause d’une panne du système en Suisse

Un nouveau système informatique dans les caisses de chômage a provoqué de graves retards de paiements, plongeant de nombreux chômeurs suisses dans une précarité extrême.

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Des millions d'indemnités non versées et des chômeurs qui perdent leur logement à cause d'une panne du système en Suisse : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Depuis le début de l’année 2026, un dysfonctionnement majeur affecte le système des indemnités chômage en Suisse, impactant directement les quelque 145 000 chômeurs du pays. À l’origine de cette crise se trouve le déploiement du nouveau système informatique Asal 2, destiné à moderniser la gestion des prestations de chômage.

Malheureusement, les retards dans le versement des indemnités ont plongé de nombreux demandeurs d’emploi dans une situation précaire, voire dramatique. Les autorités suisses, bien que conscientes du problème, peinent à résoudre ces dysfonctionnements, exacerbant ainsi l’anxiété des assurés et des associations d’aide sociale.

Asal 2 : Un projet coûteux qui tourne au fiasco

Le projet Asal 2, lancé par le Secrétariat d’État à l’économie (Seco), devait être une avancée majeure pour moderniser le système d’indemnisation du chômage. Prévu pour gérer le versement des indemnités journalières à travers les 33 caisses de chômage du pays, ce système avait pour objectif d’automatiser et de simplifier les processus de gestion des données des assurés. L’objectif affiché était d’améliorer l’efficacité et la coordination entre les caisses de chômage, tout en permettant une gestion plus fluide et rapide des indemnités. Cependant, cette transition, d’un coût de 200 millions de francs suisses, a provoqué une série de dysfonctionnements techniques graves, plongeant de nombreux chômeurs dans l’incertitude financière.

Les retards de paiements ont affecté de nombreux bénéficiaires, dont certains n’ont pas perçu leurs indemnités depuis décembre 2025. Le problème a pris une ampleur telle que des chômeurs se sont retrouvés dans des situations existentielles critiques, incapables de payer leur loyer ou leurs factures. Selon les témoignages recueillis par la presse, certaines personnes ont même perdu leur logement en raison de ces retards, devant se tourner vers des hébergements d’urgence, écrit le Tages-Anzeiger. Ces difficultés ont exacerbé la situation de nombreuses familles, notamment les mères célibataires, particulièrement vulnérables dans cette crise administrative. De plus, le temps d’attente pour obtenir des informations via les services d’assistance téléphonique a considérablement augmenté, atteignant parfois une heure, rendant l’accès à l’aide encore plus complexe.

Un système sous pression et des solutions temporaires

Face à l’ampleur du chaos, le Seco a tenté de minimiser la situation avant de reconnaître officiellement les défaillances du système. D’abord, les autorités ont nié l’existence de problèmes techniques, mais la pression a finalement contraint le Seco à admettre que des retards ne pouvaient être totalement exclus. En réponse à la crise, des mesures temporaires ont été mises en place, telles que l’octroi d’avances aux assurés en attente de leurs indemnités. Le Seco a recommandé aux caisses de chômage de verser des avances sur les prestations pour éviter que des assurés ne se retrouvent sans ressources, bien que cette mesure ne règle pas les causes sous-jacentes des retards.

Ce recours aux avances témoigne de la gravité de la situation. D’autre part, le Seco a annoncé qu’une comptabilisation partiellement automatisée des paiements simples serait mise en place à partir de février 2026, afin d’alléger la pression sur les caisses de chômage, indique Watson. Cependant, ces solutions ne suffisent pas à combler le vide laissé par les retards massifs dans les paiements. Des députés, comme Flavia Wasserfallen (PS/BE), ont exprimé leur mécontentement et ont demandé une réunion avec le Seco pour obtenir des explications sur l’ampleur du problème et les mesures à prendre pour y remédier.

Les conséquences sociales : précarité et risques accrus pour les assurés

Les répercussions sociales de ces dysfonctionnements sont multiples. En plus des difficultés économiques immédiates causées par les retards de paiement, ce chaos a des conséquences à long terme sur la confiance des citoyens dans l’administration publique. De nombreuses personnes ayant perdu leur logement ou se retrouvant sans ressources ont exprimé leur frustration face à un système qui, loin de les soutenir, les plonge davantage dans la précarité.

Le marché de l’emploi, déjà tendu pour certaines catégories de travailleurs, pourrait également souffrir de ces désorganisations. Les entreprises, en particulier celles qui dépendent de la gestion de la main-d’œuvre temporaire, se retrouvent confrontées à une incertitude administrative quant au statut de leurs employés en chômage partiel ou complet. Ce manque de clarté administrative pourrait ralentir le processus de recrutement et augmenter les coûts de gestion pour les employeurs. En outre, les personnes n’ayant pas pu toucher leurs indemnités en temps voulu se retrouvent souvent dans une situation où elles doivent recourir à des aides d’urgence, augmentant ainsi la pression sur les services sociaux.

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