Les relations commerciales entre la Suisse et les États-Unis prennent un tournant important avec la formalisation d’un accord douanier en cours de négociation. En marge du Forum économique mondial (WEF), Guy Parmelin, président de la Confédération suisse, a rencontré les autorités américaines pour poser les bases d’un accord sur les droits de douane.
Ce processus est d’autant plus crucial que les deux pays se sont déjà mis d’accord sur des taux de taxes de 15 % et jusqu’à 39 % en novembre dernier. Cependant, cet accord reste à finaliser d’ici la fin du mois de mars, et les discussions pourraient avoir des répercussions sur le commerce bilatéral entre les deux nations, mais aussi sur le rôle de la Suisse dans le système commercial international.
Des négociations « courtoises mais fermes » entre la Suisse et les États-Unis
Lors du Forum économique mondial, Guy Parmelin a rencontré Jamieson Greer, le représentant américain au commerce, pour discuter de l’accord tarifaire qui pourrait redéfinir les relations commerciales entre les deux pays. Selon Guy Parmelin, cette rencontre a été « très constructive », même si les discussions se sont déroulées dans un cadre tendu, après un discours musclé de Donald Trump sur les droits de douane, rapporte Watson. Trump a en effet menacé de nouvelles hausses tarifaires, ce qui a ajouté de la pression sur les négociations.
Cet échange se déroule dans un contexte où les États-Unis et la Suisse ont convenu, en novembre, d’un accord préliminaire concernant des taxes de 15 % pour certains produits et jusqu’à 39 % pour d’autres. Toutefois, l’accord n’est pas encore définitivement adopté et doit l’être d’ici le 31 mars. Guy Parmelin a qualifié les négociations de « courtoises, mais fermes », soulignant que la Suisse défendait vigoureusement ses intérêts tout en cherchant à maintenir un dialogue constructif avec les autorités américaines. L’enjeu principal est de parvenir à un compromis qui permette de sécuriser les conditions d’échange entre les deux pays tout en évitant de nouvelles escalades tarifaires.
La finalisation de cet accord est perçue comme une priorité pour les entreprises suisses qui exportent des produits vers les États-Unis, notamment dans des secteurs stratégiques comme les technologies, les produits pharmaceutiques et l’horlogerie. L’incertitude qui plane encore sur l’accord de mars pourrait affecter la planification économique des entreprises, créant une pression supplémentaire dans un contexte commercial déjà complexe.
L’OMC et la réforme du système commercial international : Un enjeu crucial pour la Suisse
En parallèle de ces négociations bilatérales, les discussions sur la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) continuent d’être un enjeu majeur pour la Suisse. Guy Parmelin et Jamieson Greer ont également participé à la « mini-ministérielle » de l’OMC, qui s’est tenue à Davos, réunissant 21 ministres du commerce. Ce sommet a permis d’aborder des questions cruciales telles que la facilitation de l’investissement pour le développement et la prolongation du moratoire sur le commerce électronique. Cependant, ces discussions se heurtent à des obstacles importants, notamment le blocage américain concernant la réforme du système de règlement des différends de l’OMC.
Depuis l’ère Trump, l’OMC traverse une crise institutionnelle majeure en raison du blocage américain du renouvellement du tribunal d’appel, rendant l’organisation de plus en plus dysfonctionnelle. Pour la Suisse, qui a obtenu une victoire contre les États-Unis dans un conflit relatif aux droits de douane sur l’acier et l’aluminium, cette situation est particulièrement préoccupante. Bien que la Suisse ait obtenu gain de cause, les États-Unis ont fait appel, et la décision reste suspendue à une réforme de l’OMC. L’absence de progrès sur cette réforme complique les négociations commerciales internationales, y compris celles avec les États-Unis.
L’administration Biden, bien que moins agressive que celle de Trump, n’a pas non plus cherché à faire avancer la question de la réforme de l’OMC, ce qui met en lumière l’impasse actuelle du système commercial multilatéral. La ministérielle prévue à Yaoundé (Cameroun) en avril pourrait tenter de relancer le processus, mais les perspectives de succès semblent incertaines en raison des tensions persistantes et des relents protectionnistes à l’échelle mondiale. Dans ce contexte difficile, la Suisse continue de soutenir un système commercial basé sur des règles communes, cherchant à préserver un cadre multilatéral stable malgré les tensions qui traversent le commerce mondial.








