Le congé parental est devenu un sujet de débat majeur en Suisse, notamment à Genève, où une réforme ambitieuse pourrait ouvrir la voie à un congé parental de 24 semaines. Ce projet, soutenu par une majorité de la population, a suscité de nombreux débats et défis juridiques, mais il pourrait finalement voir le jour en 2027.
Si Genève réussit à adopter cette réforme, elle deviendrait pionnière en Suisse dans le soutien aux jeunes parents. Ceci s’applique particulièrement dans un contexte où l’égalité entre les sexes et l’équilibre travail-vie personnelle sont des priorités croissantes.
Le soutien populaire et les obstacles législatifs : vers une entrée en vigueur en 2027
En 2023, les citoyens genevois ont massivement soutenu l’extension du congé parental, avec 58 % des votes en faveur de la réforme. Le projet proposait un congé parental de 24 semaines, réparti en 16 semaines pour la mère et 8 semaines pour le père. Cette initiative visait à offrir aux jeunes familles un meilleur soutien durant les premiers mois cruciaux de la parentalité, avec des objectifs de soutien à l’égalité entre hommes et femmes, notamment en permettant aux pères de jouer un rôle plus important dans les premières étapes de la vie de leurs enfants. Si cette réforme est adoptée, Genève deviendrait la première région de Suisse à mettre en place un congé parental aussi long.
Cependant, bien que le projet ait été largement approuvé au niveau cantonal, il a rencontré plusieurs obstacles sur le plan juridique. En effet, la Confédération suisse avait suspendu l’extension du congé parental en raison de préoccupations concernant le financement. Selon les autorités fédérales, les modalités de financement proposées dans le projet genevois n’étaient pas compatibles avec les règles du droit fédéral. La Suisse dispose d’un système d’allocations pour perte de gain (APG) qui permet de soutenir les travailleurs en cas d’incapacité de travail, mais la Constitution fédérale ne prévoit pas de congé parental aussi étendu.
Pour contourner cette difficulté, il a été nécessaire que le Parlement suisse autorise les cantons à allonger les deux semaines de congé paternité existantes au niveau fédéral. Cette démarche a été facilitée par une modification de la loi sur l’APG, qui a permis de lever l’obstacle législatif et de rendre le projet plus viable, explique la RTS. Malgré ces avancées, le projet doit encore être validé par le Parlement genevois et voté par le Grand Conseil avant d’être définitivement mis en œuvre. Si tout se passe comme prévu, les jeunes parents genevois pourraient bénéficier de cette nouvelle mesure dès janvier 2027.
Les enjeux économiques et sociaux d’une telle réforme
L’introduction d’un congé parental prolongé à Genève a des implications profondes sur plusieurs fronts, notamment les secteurs économiques et sociaux. Le soutien aux jeunes parents, en particulier les mères, est une priorité pour les partisans du projet, car il est souvent difficile pour les femmes de retourner sur le marché du travail après la naissance d’un enfant. En offrant un congé parental plus long, les entreprises et la société en général pourraient bénéficier de taux de rétention plus élevés parmi les femmes actives et une meilleure équité sur le plan des opportunités professionnelles. En effet, un congé parental de 24 semaines permettrait aux parents, notamment aux mères, de revenir au travail avec une plus grande sérénité, réduisant ainsi les inégalités liées à la parentalité.
Sur le plan économique, l’impact direct d’une telle réforme serait probablement modéré dans un premier temps, mais ses effets à long terme pourraient être significatifs. Un congé parental plus long pourrait réduire les coûts liés au turnover dans les entreprises, en particulier dans les secteurs à forte proportion de femmes, où les absences prolongées peuvent entraîner des coûts supplémentaires pour la gestion des ressources humaines. Toutefois, cette extension des congés pourrait représenter un coût pour certaines entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME), qui n’ont pas toujours la flexibilité financière pour s’adapter à un congé prolongé.
D’un point de vue social, un congé parental plus long pourrait aussi avoir des effets bénéfiques sur la cohésion familiale et la qualité de vie des parents. En offrant un temps de qualité aux familles, cette réforme contribuerait à une meilleure répartition des rôles parentaux, en encourageant les pères à prendre une part plus active dans les soins aux enfants. Les partisans de la réforme soulignent qu’une telle mesure permettrait également de réduire les inégalités de genre, en facilitant l’intégration des femmes dans le monde du travail, et pourrait même influencer les comportements sociaux en faveur d’un plus grand partage des responsabilités familiales.
En outre, les répercussions à long terme pourraient être positives pour l’économie genevoise. En améliorant l’égalité des chances pour les parents, en particulier les femmes, cette réforme pourrait également encourager une augmentation de la natalité, un enjeu central dans de nombreuses régions européennes confrontées au vieillissement de leur population. Le soutien aux jeunes familles pourrait ainsi devenir un facteur d’attractivité pour Genève, en attirant de nouveaux résidents et en renforçant la compétitivité de la région.








