Le Groenland, territoire danois de l’Arctique, est sur le point de devenir un fournisseur clé d’or, dont l’extraction a commencé à peine, mais qui pourrait se développer rapidement. Actuellement, l’or extrait de la mine de Nalunaq est envoyé à Neuchâtel pour y être raffiné, une opération courante en Suisse, qui est un leader mondial du raffinage des métaux précieux.
En 2025, 200 kilos d’or du Groenland, d’une valeur de 18 millions de francs suisses, ont été traités dans les installations de Metalor, une entreprise phare du secteur. Cette situation soulève des questions sur les dynamiques géopolitiques, économiques et environnementales liées à cette exploitation.
L’or groenlandais : un début modeste, mais prometteur
Bien que la production d’or du Groenland soit encore modeste, elle suscite un intérêt croissant. Actuellement, l’or extrait par la société canadienne Amaroq, qui gère la mine de Nalunaq, est raffiné en Suisse, Metalor étant le principal acteur de ce processus. En 2025, le Groenland a exporté 200 kilos d’or vers la Suisse, un volume encore faible comparé aux milliers de tonnes extraites dans d’autres pays producteurs, mais qui illustre la montée en puissance de cette nouvelle ressource minière.
Cette production modeste est cependant appelée à s’accroître, notamment grâce à la reprise des activités de la mine de Nalunaq, qui avait connu plusieurs interruptions dans le passé. Christoph Wild, président de l’Association suisse des métaux précieux, explique que le raffinage de l’or groenlandais en Suisse est une « opération tout à fait normale », étant donné l’absence de raffinerie dans l’île arctique. L’or brut, une fois traité à Neuchâtel, est destiné à des industries mondiales comme la bijouterie ou l’électronique.
Pour contextualiser l’importance de ces 200 kilos d’or, il faut comparer ce volume aux 550 tonnes d’or envoyées par la Suisse aux États-Unis la même année, pour une valeur d’environ 47 milliards de francs suisses. Ainsi, bien que l’or du Groenland représente une fraction infime de l’or global traité, son potentiel de croissance à moyen terme fait de lui un actif stratégique, à la fois pour la Suisse et pour le Groenland.
Le Groenland : un trésor sous-exploité aux ressources stratégiques
Le Groenland est un véritable coffre-fort de matières premières, au-delà de l’or. En effet, selon l’Union Européenne, 25 des 34 minéraux considérés comme essentiels figurent dans le sous-sol du pays, allant du zinc, du plomb et de l’argent, aux terres rares, des éléments stratégiques pour les industries de haute technologie. Outre l’or, ces ressources attirent des investisseurs internationaux, et le Groenland devient de plus en plus un terrain de convoitise géopolitique.
Amaroq, la société canadienne qui exploite la mine de Nalunaq, a des ambitions de développement pour les années à venir. Le Groenland est ainsi en train de devenir un fournisseur clé de matières premières pour l’industrie mondiale, ce qui pourrait transformer son rôle économique et géopolitique. Un projet d’exploitation de terres rares pourrait démarrer dès 2027 ou 2028, et des entreprises comme Critical Metals ouvrent de nouvelles mines, dont l’une près de Quaqortoq, sur la côte sud du pays, indique 20Minutes.
Ce potentiel minier a attiré des intérêts géopolitiques, y compris des pressions de la part des États-Unis. Le président Donald Trump exprime d’ailleurs son désir d’acheter le Groenland, attiré par la richesse de ses ressources naturelles. Cette situation soulève des questions sur l’impact de cette exploitation, notamment sur l’environnement et les relations internationales, alors que la population groenlandaise reste majoritairement opposée à une telle exploitation à grande échelle.
Pour la Suisse, cette situation présente plusieurs avantages. Metalor, bien qu’ayant un rôle relativement modeste dans le processus d’extraction, est au cœur d’une chaîne d’approvisionnement stratégique pour les métaux précieux, renforçant ainsi sa position sur le marché mondial. De plus, la présence de Metalor aux États-Unis montre que la Suisse cherche à diversifier ses relations économiques, en particulier dans un contexte de tensions commerciales internationales.








